“Vrai”, “faux”, “exagéré”. Ces mentions sont apposées dans un tableau récapitulatif de huit revendications du gouvernement burkinabè concernant ses exploits économiques. Elles closent la longue enquête menée par PR Nigeria, qui se définit comme une “plateforme d’informations crédibles”.
Intitulée “Les machines de propagande qui présentent le Burkina Faso comme le miracle économique de l’Afrique”, elle dévoile “un schéma accablant de mensonges et d’exagérations”. Sur les huit déclarations émanant des autorités burkinabè passées à la loupe, cinq se révèlent ainsi fausses.
Premièrement, le Burkina n’a pas rejeté en 2025 un investissement de 1 milliard de dollars (environ 867 millions d’euros) du géant américain de la distribution Walmart, comme le relaient des vidéos aux millions de vues sur les réseaux sociaux.
“Le rapport annuel 2025 [de la Securities and Exchange Commission, qui réglemente et contrôle les marchés financiers américains] ne révèle aucune trace d’un quelconque projet d’investissement au Burkina Faso, écrit PR Nigeria. La présence africaine documentée de Walmart se limite à sa participation majoritaire dans Massmart, un groupe de distribution sud-africain. […] La seconde partie de l’affirmation de la vidéo originale, selon laquelle [le président Ibrahim] Traoré aurait ensuite bâti le plus grand empire de la distribution en Afrique, ne repose sur aucun document vérifiable en dehors de l’écosystème médiatique qui l’a produite.”
Invention, exagération et distorsion
Les allégations selon lesquelles le Burkina a signé un contrat de 100 milliards de dollars (près de 87 milliards d’euros) avec le Japon pour importer des motos, a refusé des prêts du Fonds monétaire international (FMI), a remboursé sa dette publique et conclu un pacte sur les céréales de 14 milliards de dollars (12 milliards d’euros) avec l’Inde apparaissent aussi mensongères.
Concernant le FMI, indique le média nigérian, un programme d’aide de 302 millions de dollars (262 millions d’euros) a été conclu en septembre 2023, et une nouvelle facilité de crédit de 124,3 millions de dollars (108 millions d’euros) a été débloquée en février 2026. Sur le réseau social X, une publication mentionnant le refus de Traoré d’accepter l’aide de l’institution financière cumule 3,9 millions de vues.
Parmi les trois autres allégations passées à la loupe, deux sont “exagérées” et une est vraie : une croissance de 5 % en 2025, bien que les comptes relayant un récit favorable au Burkina omettent de préciser qu’elle a été “principalement tirée par une forte hausse des recettes d’exportation d’or”, liée à des cours élevés.
L’enquête a permis de cartographier “un écosystème de contenu reconnaissable avec des caractéristiques cohérentes”, qui “fabrique un mythe géopolitique en combinant invention, exagération délibérée et distorsion stratégique des événements réels”, conclut PR Nigeria.
Sur la piste d’un “reporter fantôme” au service de la propagande russe
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