“Une récente proposition avancée par la France, l’Allemagne et le Benelux envisage de restreindre – ‘au moins temporairement’ – le droit de veto des nouveaux adhérents à l’Union européenne (UE) sur les questions de budget, ainsi que de sécurité intérieure et extérieure”, révèle la Süddeutsche Zeitung, vendredi 12 juin.

Si elle venait à être mise en place, une telle mesure pourrait concerner l’Ukraine et la Moldavie, mais aussi, à plus court terme, l’Albanie et le Monténégro, dont les négociations d’adhésion sont déjà bien avancées. “Une idée que l’on retrouvait déjà dans une proposition allemande présentée il y a quelques semaines en faveur du rapprochement de l’UE avec l’Ukraine.”

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À la mi-mai, le chancelier conservateur Friedrich Merz avait proposé la création d’un statut de “membre associé”, qu’il souhaite accorder à l’Ukraine avant une adhésion plus définitive. L’objectif ? Permettre à Kiev de participer aux conseils des ministres de l’UE et aux sommets où se retrouvent les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres.

“L’Ukraine ne se verrait toutefois pas explicitement accorder un droit de vote, précise le quotidien de gauche bavarois. Et la proposition du chancelier allemand comporte des garde-fous permettant à l’UE de retirer certains droits et privilèges au cas où l’on constaterait un recul des droits et libertés chez les pays candidats ou une baisse de la lutte contre la corruption.”

L’ombre d’Orban plane sur Bruxelles

Pour la Süddeutsche Zeitung, ces propositions de réforme de l’adhésion à l’UE montrent à quel point l’ex-dirigeant hongrois Viktor Orban a laissé sa marque à Bruxelles. Selon le journal allemand, sa défaite en avril face à Peter Magyar a été accueillie avec un soulagement non dissimulé, après des années d’attaques contre l’État de droit en Hongrie et de bras de fer avec les autres membres de l’UE sur le dossier ukrainien.

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D’autres pays, comme la Slovaquie de Robert Fico, ont eux aussi des problèmes de corruption et d’atteintes à la démocratie, reconnaît le média. “Les diplomates estiment toutefois que le cas Orban était exceptionnel, tant par la durée que par la gravité de ses manquements aux règles européennes – infractions menées alors qu’il recevait des milliards d’euros de subventions de Bruxelles. L’idée largement partagée est que ce cas doit rester une anomalie qui ne se répétera pas.”