Où donc est passée la rivière ? Qui s’est déjà rendu à Urumqi [prononcer “Urum’tchi”] aura peut-être remarqué que l’artère principale de la capitale [du Xinjiang, la grande région du nord-ouest de la Chine] porte le nom de Hetan dadao, littéralement “avenue de la Plage de la Rivière”. Or on ne trouve aucun cours d’eau à proximité. C’est en réalité sous cette avenue que se trouve l’ancien lit principal de la rivière Urumqi. Et si elle n’est plus visible, c’est parce que la municipalité a détourné son cours vers le réservoir d’Urabo, en périphérie. Un réservoir qui fournit actuellement près de la moitié de l’eau potable de la ville.

Urumqi est la plus grande ville d’Asie centrale, avec une population de plus de 4 millions d’habitants. C’est également la métropole la plus éloignée de la mer au monde : elle est à environ 2 250 kilomètres du littoral le plus proche. Elle ne reçoit que 200 millimètres de précipitations par an, pour un niveau d’évaporation qui atteint les 2 015 millimètres. Dans de telles conditions géographiques, subvenir aux besoins de 4 millions de personnes est un véritable casse-tête.

Alors que les ressources en eau douce par habitant s’élèvent à environ 2 200 mètres cubes en Chine, ici, elles ne sont que de 281 mètres cubes, soit un huitième de la moyenne nationa