Il espérait rejouer la partition de février dernier quand ses ministres s’étaient ralliés à sa cause pour contrer la demande pressante de démission formulée par le chef du parti travailliste écossais, Anas Sarwar. Mais, cette fois, Keir Starmer se sait seul et pourrait bien présenter sa démission dès demain, lundi 22 juin. Plusieurs journaux britanniques en font déjà l’annonce.
“Keir Starmer devrait annoncer son départ du poste de Premier ministre lundi”, titre The Guardian. La BBC, elle, liste “les signes qui montrent que Starmer va démissionner”. Le journal conservateur The Telegraph estime que c’est “le parcours chaotique de Starmer qui a anéanti ses espoirs de survie”.
La “goutte d’eau qui fait déborder le vase”
Pourtant, pendant des semaines, alors qu’il avait perdu la confiance d’une partie des députés de son camp, Keir Starmer n’a cessé de faire savoir qu’il n’entendait pas quitter le 10, Downing Street, persuadé de pouvoir redresser la barre avant les prochaines législatives, prévues en 2029. Mais annoncée au milieu de la nuit de jeudi à vendredi, la victoire du maire travailliste du Grand Manchester, Andy Burnham, à la législative partielle de Makerfield “semble être la goutte d’eau qui fait déborder le vase”, analyse la BBC.
Vendredi 19 juin, le Premier ministre britannique a bien essayé de rassembler ses soutiens. En vain. Il “a passé la journée de vendredi à contacter un groupe restreint de ministres [auparavant connus pour afficher leur soutien à Starmer] de son gouvernement”, a révélé une source gouvernementale au The Telegraph. Et “la plupart des ministres lui ont dit qu’il devait établir un calendrier de démission”.
“L’ambiance au sein du gouvernement a changé ces dernières 48 heures”, observe la BBC. Sans confirmer la prochaine démission de Starmer, Peter Kyle le ministre des Entreprises qui s’exprimait au nom du gouvernement, a dit que “le Premier ministre était conscient des ‘réalités politiques’ et ferait le mieux pour le pays”, rapporte The Guardian.
Impopulaire
Pour les députés travaillistes, le problème, c’est Keir Starmer lui-même. “Ils estiment que le Premier ministre est personnellement impopulaire et que c’est lui qui freine le développement de son parti”, indique la BBC.
“Son mandat de Premier ministre a été marqué par des controverses, notamment concernant les aides au chauffage durant l’hiver pour les personnes âgées ou encore la décision de nommer Peter Mandelson ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis [à cause de ses liens avec Jeffrey Epstein] ”, éclaire The Guardian, qui insiste aussi sur l’impopularité de Keir Starmer, lui qui avait été l’artisan d’une très belle victoire du parti travailliste aux élections générales de 2024.
Que va-t-il se passer ? C’est la question que se posent les médias outre-Manche sans pouvoir y répondre. Bien sûr, Andy Burnham, qui est attendu au palais de Westminster lundi pour prendre son siège de député, se tient prêt à reprendre les rênes du parti et du gouvernement. Un nombre suffisant de députés le soutient pour cela.
Peter Kyle, qui est proche de Wes Streeting, ancien ministre de la Santé et candidat déclaré au poste de Premier ministre, n’est pas forcément favorable à une désignation d’Andy Burnham sans élection. Et de citer le contre-exemple des députés conservateurs : “Chaque fois qu’ils se sont retrouvés face à un défi au sein de leur parti, ils ont toujours considéré que changer la personne à sa tête réglerait tout, et, de toute évidence, ce n’est pas le cas”, a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par le Guardian.
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