A la mi-mars, Souleymane (son nom a été modifié) a quitté le Sénégal. La veille de son départ, un de ses partenaires avait été arrêté. Craignant d’être identifié à son tour via un groupe WhatsApp fréquenté par des homosexuels sénégalais, il s’est enfui vers un autre pays africain avec l’équivalent de 1 500 euros en poche.
Quelques jours plus tôt, le 11 mars, le Parlement sénégalais adoptait une loi renforçant la répression de l’homosexualité. Les relations entre personnes de même sexe sont désormais passibles de cinq à dix ans de prison, contre un à cinq auparavant.
Depuis, certains homosexuels disent être insultés, agressés ou menacés dans la rue. Des militants et des responsables associatifs ont disparu ou se cachent. Plusieurs affirment que la police fouille les téléphones des personnes arrêtées pour identifier d’autres homosexuels.
En France, l’association Stop Homophobie a mis en place une ligne d’écoute dédiée après avoir reçu des milliers d’appels à l’aide. Beaucoup demandent une relocalisation vers d’autres pays africains. L’association tente également de faire examiner certains dossiers par les autorités françaises afin d’obtenir des visas humanitaires.
Pour Souleymane, l’exil a tout emporté : son travail, son rôle de soutien familial et sa stabilité. « On chasse les homosexuels comme des voleurs. Nous ne sommes pas des voleurs. Nous sommes des êtres humains », confie-t-il aujourd’hui.
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