Trois mots surgissent pour décrire les sentiments qui nous assaillent face au nettoyage ethnique en cours en Palestine : le dégoût, la colère et la honte. Le dégoût, d’abord, face à l’horreur des scènes de pillage et de meurtre qui se sont multipliées en Cisjordanie ces deux derniers mois, dans le silence de la communauté internationale. Le 6 juin, à Hébron, un soldat israélien a ouvert le feu sur la voiture de la famille Abou Haikal qui venait de s’immobiliser : une balle a traversé la main du père avant d’atteindre en pleine tête son bébé de 7 mois, Sam, qui était assis dans les bras de sa mère sur la banquette arrière.
Le 22 juin, Reda et Issa, deux jeunes Palestiniens âgés respectivement de 15 ans et 19 ans, ont été abattus près de Beit Ummar, puis les forces israéliennes ont refusé de rendre leurs dépouilles à leurs familles. Selon des sources sécuritaires israéliennes citées par le quotidien Haaretz, Israël détiendrait actuellement 1 700 corps palestiniens.
Le 5 juillet, Ahmad Marouf Zeid, un bébé âgé de 4 mois, est mort après que son transfert vers l’hôpital a été bloqué à l’entrée du village de Deir Ammar. Des soldats ont tiré des gaz lacrymogènes sur les habitants qui tentaient de forcer le barrage pour sauver le bébé.
La suite du mois de juillet a été encore plus sanglante. Le 11, des colons israéliens accompagnés par des soldats ont attaqué une maison à Al-Moughaïr, près de Ramallah. Alerté par les cris, Fadi Hamdallah Al-Nassan, un footballeur de 17 ans, membre de l’équipe nationale, a accouru sur place. Atteint d’une balle dans la cuisse, amputé, il est mort à l’hôpital, une semaine plus tard. Le 20, deux hommes ont été tués à Deir Jarir, lors d’une incursion de colons venus s’emparer de leurs moutons. Trois jours plus tard, deux Palestiniens ont été abattus à Beit Fourik, en tentant d’éteindre un incendie déclenché par des colons. Début juin, près du village chrétien de Taybeh, des colons avaient déjà empêché les pompiers d’atteindre l’incendie qu’ils avaient allumé.
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