Au moins 100 000 personnes ont été déplacées depuis la reprise des combats, début septembre, entre les houthistes pro-iraniens du Yémen et les forces progouvernementales dans l’ouest du pays, a annoncé mardi 15 septembre le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
« Le HCR avertit que l’escalade rapide des hostilités le long de la côte occidentale du Yémen a provoqué le déplacement de plus de 100 000 personnes à l’intérieur du pays et a contraint des milliers d’autres à chercher refuge à Djibouti, de l’autre côté du détroit de Bab Al-Mandab », a annoncé l’organisation dans un communiqué.
Les houthistes, qui contrôlaient jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale, Sanaa, et Hodeïda (Ouest), ont progressé sur la côte en quelques jours, s’emparant jeudi de la ville portuaire de Moka. Ils ont ensuite pris le contrôle de la côte et des îles en mer Rouge, consolidant le lendemain leur emprise sur le détroit stratégique de Bab Al-Mandab, par lequel passe le trafic maritime à destination et en provenance du canal de Suez.
Les combats de ces dernières semaines ont fait des centaines de morts, et le HCR redoute « de nouveaux déplacements de population à l’intérieur du Yémen et d’autres mouvements de réfugiés en cas d’intensification des hostilités ».
Transport humanitaire perturbé
Ces quatre derniers jours, l’agence a dénombré plus de 2 400 personnes ayant traversé la mer du Yémen à Djibouti. « Plus de 60 % d’entre elles sont des femmes, des enfants et des personnes âgées », précise-t-elle. « Ces personnes arrivent après une traversée maritime difficile, beaucoup [sont] épuisées, en détresse et n’emportant que le peu qu’elles ont pu », a déclaré Sandrine Desamours, représentante du HCR à Djibouti.
« Abri, nourriture, eau potable, soins de santé et services de protection figurent parmi les besoins les plus urgents, alors que les communautés d’accueil et les sites de déplacement sont saturés », a prévenu l’organisation onusienne. Or, les opérations humanitaires sont entravées par « l’insécurité, les routes endommagées, les perturbations des télécommunications et les restrictions de circulation, notamment le long de la côte ouest », a-t-elle ajouté.
Pour le HCR, l’escalade des combats pourrait avoir un « impact sur la logistique humanitaire mondiale, déjà mise à rude épreuve par les perturbations persistantes autour du détroit d’Ormuz », car le détroit de Bab Al-Mandab est un corridor maritime essentiel reliant la mer Rouge au golfe d’Aden.
Cette situation pourrait « affecter le transport humanitaire et commercial à destination du Yémen, du Soudan et d’autres zones de crise dans la région et au-delà », alerte l’agence, qui anticipe des coûts de transport en hausse et des retards dans l’acheminement de l’aide. « Toute nouvelle détérioration de la situation pourrait contraindre à un détour par le cap de Bonne-Espérance, ce qui rallongerait les délais d’acheminement de vingt-cinq à trente jours. »