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250 ans d’indépendance américaine : un anniversaire désenchanté

« America 250 » (13/13). La présidence Trump, saison 1 et 2, met à mal la cohésion nationale. L’idéal d’égalité établi dans les textes fondateurs reste lointain, le système d’équilibre des pouvoirs s’est fissuré, et toute réforme semble impossible. La croyance des habitants en l

250 ans d’indépendance américaine : un anniversaire désenchanté
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America 250

America 250

250 ans d’indépendance américaine : un anniversaire désenchanté

Par Corine Lesnes (Philadelphie (Pennsylvanie), envoyée spéciale )
Publié aujourd’hui à 05h00

Temps de Lecture 7 min.

Interrogé à la sortie de l’Independence Hall de Philadelphie (Pennsylvanie) sur la nature du régime qui avait été choisi par les délégués de la convention constitutionnelle de 1787, le très réaliste Benjamin Franklin a eu cette réponse qui, légende ou non, est restée dans l’histoire : « Une république, a-t-il dit. Si vous pouvez la garder. »

Pendant deux cent quarante-neuf ans, les Etats-Unis ont pu en remontrer au monde grâce au savant mécanisme de leurs institutions. Une république aux branches si équilibrées, disait Gore Vidal, que « nul César, encore moins nulle populace, ne pourrait aisément la détourner ». L’écrivain, qui ne décolérait pas contre la présidence « impériale » de George W. Bush, est mort en 2012, avant l’ère Trump. On n’ose penser à ce qu’il dirait de l’effondrement actuel des checks and balances, les fameux contre-pouvoirs voulus par les Pères fondateurs.

« Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est le cas où deux des contre-pouvoirs seraient déficients », analyse l’avocat et professeur de droit Irwin Kramer, en critiquant l’abdication par le Congrès de ses prérogatives et le ralliement de la Cour suprême à un exercice étendu des pouvoirs présidentiels. Les fondateurs « ne seraient pas surpris du tout que quelqu’un cherche à s’arroger un pouvoir plus autoritaire, abonde le documentariste Ken Burns. Mais ils seraient horriblement déçus que la branche législative, définie à l’article 1, ait abdiqué autant de son pouvoir. »

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Donald Trump a fait exploser les normes, déplore Paul Finkelman, professeur de droit constitutionnel à l’université de Toledo (Ohio). « Aucun président n’aurait jamais demandé à voir son nom sur un bâtiment ou son visage sur une pièce de monnaie, souligne-t-il. Personne n’aurait imaginé avoir besoin d’une loi à ce sujet. » Les citoyens découvrent que leur république est un château de cartes qu’un homme de peu de vertu a réussi à ébranler. « Et il est difficile d’imaginer comment un régime constitutionnel va pouvoir juguler cela maintenant », note le juriste.

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