Les autorités de Bahreïn ont renforcé les restrictions sur les rassemblements, les commémorations et les déplacements à l’étranger des chiites du pays depuis les attaques de drones et de missiles iraniens [en représailles aux frappes américaines contre Téhéran] et les manifestations [en soutien à l’Iran après l’assassinat du guide suprême Ali Khamenei].

Ces mesures sont censées avoir été prises pour des raisons de sécurité mais elles révèlent la division croissante au sein du pays : certains chiites se plaignent d’être punis collectivement pour leur déloyauté supposée tandis que les voix favorables au gouvernement accusent les membres de cette communauté de jouer le jeu de l’Iran.

Les chiites de Bahreïn, qui représentent de 55 à 70 % de la population selon les estimations, ont toujours été marginalisés socialement et culturellement. Relié à l’Arabie saoudite par la chaussée du Roi-Fahd et situé à moins de 800 kilomètres de l’Iran, Bahreïn a tout pour devenir le lieu d’un conflit géopolitique et religieux par procuration entre ses deux puissants voisins.

Monarchie héréditaire sunnite, le royaume exclut le chiisme de son histoire officielle et ne propose pas d’émissions religieuses aux chiites. Wefaq, le plus grand parti d’opposition chiite du pays, est interdit depuis plus de dix