Comme par magie, les migrants de Ceuta ont déserté les plages. Lundi 12 octobre, il ne restait presque plus aucune trace des milliers de gens qui ont occupé durant dix semaines le littoral de la ville autonome espagnole d’Afrique du Nord. A la veille de la visite historique du roi Felipe VI et de la reine Letizia sur la côte sud du détroit de Gibraltar, seuls quelques dizaines de Maghrébins déambulaient nonchalamment le long de la route. D’autres, juchés au sommet des grands blocs de béton qui protègent des vagues les 83 000 habitants de la cité, observaient en silence la Méditerranée et à l’horizon, la silhouette de la péninsule Ibérique, symbole d’un rêve inaccessible, l’Union européenne.
Les souverains espagnols auront sans doute l’impression d’un retour à la normale, deux mois et demi après l’afflux soudain d’environ 72 000 personnes en provenance du Maroc voisin, les 30 et 31 juillet. Ces derniers jours, les forces de l’ordre se sont efforcées de faire le ménage. Dimanche 11 octobre, policiers, militaires et guardia civil (la gendarmerie), 350 personnes au total, ont procédé à une ultime évacuation sur l’esplanade du Guano, un terre-plein occupé jusqu’alors par 500 migrants, à l’extrémité ouest de la plage du Trampolin où des milliers d’autres Marocains, Tunisiens, Algériens et sub-Sahariens s’étaient construit des abris de fortune à l’aide de bambous, cartons et bâches plastique.
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