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A Londres, des dizaines de milliers de manifestants d’extrême droite rassemblés à l’appel du militant Tommy Robinson

La capitale britannique a déployé quelque 4 000 policiers alors que Tommy Robinson, activiste islamophobe et anti-immigration, organisait ce samedi une nouvelle marche après celle de septembre, qui avait mobilisé 150 000 personnes. Plus de 50 000 manifestants étaient attendus, alors que Londres

A Londres, des dizaines de milliers de manifestants d’extrême droite rassemblés à l’appel du militant Tommy Robinson
HaitiCreoleRadio.com

Des dizaines de milliers de manifestants, sympathisants de l’activiste islamophobe et anti-immigration Tommy Robinson d’un côté, propalestiniens et militants antiracistes de l’autre, se sont rassemblées samedi 16 mai dans le centre de Londres. Ces deux marches, tenues à l’écart l’une de l’autre, ont été encadrées par une opération de police d’envergure exceptionnelle.

Quelque 4 000 policiers ont été déployés pour éviter les débordements, alors que la finale de la Coupe d’Angleterre entre Manchester City et Chelsea s’est tenue dans l’après-midi au stade de Wembley, d’une capacité de 90 000 spectateurs. Les forces de l’ordre ont annoncé dans l’après-midi avoir arrêté 31 personnes, ajoutant toutefois que les deux manifestations se déroulaient « sans incident majeur ».

Pour l’occasion avaient été prévus des véhicules blindés, des drones et des hélicoptères, ainsi que des caméras de reconnaissance faciale en direct – une première dans le cadre d’une manifestation. La police n’a pas donné d’estimation de la participation dans l’immédiat, mais avait dit s’attendre à ce qu’elle dépasse les « 50 000 personnes » pour la marche de Tommy Robinson.

Tommy Robinson s’en prend au gouvernement travailliste et dénonce l’immigration

Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, espérait reproduire le succès de sa marche organisée en septembre, qui avait vu jusqu’à 150 000 personnes affluer à Londres pour défendre la « liberté d’expression ». Cette marche, baptisée Unite the Kingdom (« unir le royaume »), n’est pas affiliée au parti anti-immigration Reform UK, mais elle intervient une semaine après le succès électoral de la formation d’extrême droite de Nigel Farage lors de scrutins locaux.

Des images aériennes montrent une foule de dizaines de milliers de personnes. A l’arrivée de la marche à Parliament Square, devant une marée de drapeaux de l’Angleterre et du Royaume-Uni, M. Robinson s’en est pris au gouvernement travailliste, tout en dénonçant l’immigration.

Sur scène se succèdent des personnalités politiques d’extrême droite, la mère d’une femme tuée par un demandeur d’asile, un groupe de musique. Parmi les participants figure notamment la Française Alice Cordier, fondatrice du collectif identitaire Némésis.

Alors que des affrontements entre manifestants et policiers avaient éclaté lors de la marche de septembre, Tommy Robinson avait à plusieurs reprises appelé les participants au calme avant le rassemblement. « Ne portez pas de masques, abstenez-vous de boire de l’alcool en excès et soyez paisibles », avait exhorté vendredi le militant d’extrême droite, très populaire sur X malgré des condamnations et des séjours en prison.

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Des « agitateurs étrangers » interdits d’entrée au Royaume-Uni

Les forces de l’ordre ont annoncé avoir arrêté samedi matin, près de la gare d’Euston, deux hommes s’apprêtant à participer à la marche et soupçonnés de « coups et blessures » contre un homme à Birmingham.

Downing Street a annoncé que 11 « agitateurs étrangers d’extrême droite » avaient été interdits d’entrée au Royaume-Uni. Figure parmi eux l’Américano-Colombienne Valentina Gomez, « connue pour tenir des propos incendiaires et déshumanisants à l’égard des musulmans ». L’eurodéputé nationaliste polonais Dominik Tarczynski et le député régional flamand du Vlaams Belang (parti d’extrême droite belge) Filip Dewinter ont aussi affirmé s’être fait refuser l’entrée.

Les organisateurs sont des « voyous et des racistes condamnés par la justice, qui colportent la haine et la division », a dénoncé le chef du gouvernement travailliste dans une vidéo sur X, ajoutant que toute personne qui recourra à la violence fera face à « toute la force de la loi ». « La haine fait du bruit. L’amour encore plus », a publié pour sa part sur X le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, ajoutant que « les 9 millions (…) de Londoniens » ne seraient « jamais divisés ».

La marche coïncidant avec la finale de la Coupe d’Angleterre qui s’est tenue samedi après-midi, les forces de l’ordre redoutaient de voir des hooligans se joindre à ce rassemblement. Certains participants à Unite the Kingdom pouvant, selon la police, représenter « une menace pour la sécurité publique », des caméras de reconnaissance faciale en direct, qui permettent d’identifier des suspects recherchés, ont été installées aux abords de la manifestation.

Les mesures policières se justifient, selon le commissaire adjoint de la police, James Harman, plus largement par « un contexte d’instabilité mondiale », qui peut « attiser les tensions et se répercuter » dans les rues.

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« Racistes hors de nos rues, réfugiés bienvenus »

Le Royaume-Uni a rehaussé, début mai, son niveau de menace terroriste d’un cran, à « sévère », après une attaque au couteau contre deux hommes juifs, et une série d’incendies et tentatives d’incendies à caractère antisémite. L’inquiétude s’est également accrue « au sein des communautés musulmanes », selon James Harman.

Des restrictions ont été imposées pour encadrer le parcours et tenir à distance les sympathisants de l’activiste d’extrême droite et les participants à la manifestation propalestinienne, qui étaient plusieurs milliers, selon une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Cette dernière est organisée pour commémorer la Nakba (« catastrophe », en arabe), la fuite et l’expulsion d’environ 760 000 Palestiniens lors de la création de l’Etat d’Israël, et s’opposer à l’extrême droite. « Racistes hors de nos rues, réfugiés bienvenus », scandent des manifestants, dont beaucoup portent des keffiehs et tiennent des drapeaux palestiniens.

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La police londonienne a promis d’arrêter toute personne qui scanderait « mondialisons l’intifada », en référence aux soulèvements palestiniens contre l’armée israélienne. Peu après l’attaque au couteau survenue, fin avril, dans le quartier londonien de Golders Green, où vit une importante communauté juive, Keir Starmer avait jugé ce slogan « totalement inacceptable », et suggéré qu’une interdiction des marches propalestiniennes pourrait se justifier dans certains cas.

Le Monde avec AFP

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