Sur un balcon recouvert de glycine, un groupe d’amies papotent. On entend des éclats de rire en contrebas dans le jardin partagé où Hedi Argent, 96 ans, la doyenne des 26 résidentes, pose pour notre photographe. “Tu as oublié de couper l’étiquette”, lui crie sa voisine, Angela Ratcliffe, 92 ans. Une femme se précipite pour réparer cet oubli, tandis que d’autres se moquent gentiment : “C’est de quel créateur ? Tu l’as payé combien ?”

Il ne s’agit pas d’une copropriété comme les autres. C’est la première résidence autogérée, participative, pour seniors, réservée aux femmes. Il y a dix ans, 26 femmes, âgées de 55 à 95 ans, se sont installées dans cet immeuble de briques rouges de trois étages construit sur le site d’un ancien couvent, niché derrière une grande rue commerçante.

La résidence New Ground dans le borough de Barnet, au nord du centre de Londres, n’est pas une maison de retraite. Les femmes qui y vivent ont l’habitude de dire : “Nous prenons soin les unes des autres mais nous ne sommes pas des soignantes.” Vingt et une des 26 résidentes du projet de départ vivent toujours à New Ground. Elles ont beau venir de milieux très différents, elles étaient toutes convaincues d’une chose : vieillir seule n’est pas une fatalité et il est tout à fait possible de finir ses vieux jours