Je suis allé marcher sur les sables brûlants du Pô, dans des lieux qui me sont familiers : Stagno di Roccabianca, Casalmaggiore, Mezzani, avant de faire une dernière halte à Brescello et de descendre toucher l’eau sous le pont de Viadana. C’est exprès aux heures les plus chaudes que je suis allé là-bas, pour jauger l’état du fleuve, réduit à un simple ruisseau. Le mercure affiche plus de 40 °C.
Ça fait une drôle d’impression de voir, sur la porte du musée de la batellerie, le niveau des crues historiques du fleuve. Le 19 octobre 2000 à 8 heures, l’eau était montée à 9,06 mètres au-dessus du zéro hydrographique. Aujourd’hui, on est à “moins huit”, soit un écart de près de 17 mètres, l’équivalent d’un immeuble de quatre étages au-dessus de ma tête.
Il n’y a pas âme qui vive, on n’entend pas même un chant d’oiseau. Le cagnard écrase tout, le temps est comme suspendu. Je marche sur un sentier broussailleux, me frayant un chemin pour descendre jusqu’à la plage. L’herbe et les plantes, déjà hautes, dominent le paysage. Dans le lit du Pô, la nature a toujours quelque chose d’exubérant et d’intimidant. Presque d’oppressant.
Je me dirige vers la grande plage et là, première surprise, quelqu’un a laissé une chaise pliante, avec sur l’assise une bouteille de vodka vide, à l’embouchure du s
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