Avec les chaleurs de l’hivernage – la période pluvieuse qui court de juillet à octobre –, les Dakarois retrouvent la route des plages. « Les familles viennent se baigner, consommer sur la plage », se réjouit Pape Fodé, propriétaire d’un cabanon spécialisé dans la pratique du surf sur la plage du Virage, au beau milieu de la capitale sénégalaise. Mais année après année, la saison est aussi devenue synonyme de pics de pollution. « Avec les pluies, les déchets de la ville glissent jusque vers les plages et l’océan », explique le jeune homme, les pieds dans le sable. Le tableau idyllique des enfants qui jouent dans l’écume tandis que des surfeurs sont au large s’efface quand on distingue les plastiques qui jonchent la plage et flottent dans l’eau.
A Hann, Ngor, Ouakam, Le Virage ou Yoff, les quartiers côtiers de Dakar, le constat est le même : les plages et les baies de la capitale sont recouvertes de plastique. En avril, Surfrider Foundation Sénégal, la branche locale de l’organisation non gouvernementale américaine de protection du littoral, a publié les résultats de dizaines de prélèvements réalisés, pendant trois ans, sur six plages et focalisés sur des bactéries fécales, E. coli et plusieurs entérocoques, indicatrices de pollution bactériologique. D’après Babacar Thiaw, surfeur et cofondateur de l’ONG locale, « 42,8 % des prélèvements présentent une qualité qui n’est pas compatible avec la baignade, selon différentes normes internationales ». Les épreuves nautiques des Jeux olympiques de la jeunesse 2026, organisés au Sénégal, du 31 octobre au 13 novembre, seront même déplacées autour de Saly, plus au Sud, pour éviter tout problème.
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