Extrême droite : l’ancrage européen
Extrême droite : l’ancrage européen
Épisode 1/6
Épisode 2/6
Épisode 3/6
Épisode 4/6
Extrême droite : l’ancrage européen
L’épisode 6 sera disponible prochainement.
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A Oradea, un fief libéral roumain, les thématiques nationalistes gagnent du terrain
Par Kristen Anger (Oradea [Roumanie], envoyée spéciale)Reportage« Extrême droite : l’ancrage européen » (5/6). Malgré des démêlés judiciaires, Calin Georgescu, candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle en 2024, s’est offert le 13 septembre un bain de foule dans une ville du nord-ouest de la Roumanie, s’alliant au parti nationaliste Alliance pour l’unité des Roumains. La ferveur de ses soutiens reste intacte.
Les façades Art nouveau ont été repeintes, les écoles rénovées, le tramway a été récemment livré. A Oradea, chef-lieu du département de Bihor, ancienne région hongroise du nord-ouest de la Roumanie, les fonds européens abondent. Pourtant, même ici, sur cette terre où le Parti national libéral (PNL) reste confortablement installé dans les institutions locales, le discours de l’extrême droite contre l’Union européenne (UE) gagne du terrain, prospérant sur la baisse du pouvoir d’achat, la méfiance envers les institutions et le conservatisme des néoprotestants. Et les élus des partis traditionnels peinent à adopter une stratégie.
C’est dans ce contexte que Calin Georgescu s’est offert un bain de foule le 13 septembre sur l’ocskapiac (nom hongrois du marché aux puces). Arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle en novembre 2024, dont le scrutin a été annulé peu de temps après sur fond de soupçons d’ingérence russe, l’ex-candidat indépendant d’extrême droite poursuit une campagne informelle à travers le pays, où il se met en scène auprès de producteurs et éleveurs locaux. Le choix d’Oradea n’est pas anodin. Il s’agit du fief du premier ministre intérimaire Ilie Bolojan, maire libéral de 2008 à 2020, puis président du conseil départemental jusqu’en 2024, qui y a construit sa réputation de gestionnaire en réformant l’administration locale.
Aux côtés de Calin Georgescu, des représentants du parti d’extrême droite Alliance pour l’unité des Roumains (AUR) sont venus profiter de la grande messe de celui que la formation a soutenu, après les résultats de novembre 2024. Qu’importe qu’il soit déjà poursuivi par la justice, notamment pour avoir glorifié des responsables de la Shoah et pour « tentative d’atteinte à l’ordre constitutionnel ». Mardi 22 septembre, le tribunal de Bucarest l’a aussi placé sous contrôle judiciaire, pour une affaire d’escroquerie, à la suite de quoi l’AUR s’est empressée de dénoncer un « procès politique ».
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