Au cœur de Tunis, les remparts de la médina enserrent un enchevêtrement inextricable de maisons basses, de demeures historiques et de palais étroitement imbriqués les uns dans les autres. Les rues pavées sont bordées de balcons à moucharabieh sculpté et d’arches de pierre encadrant de lourdes portes de bois – autant de détails qui s’estompent à mesure que l’on s’éloigne de la vieille ville pour rejoindre l’avenue Habib-Bourguiba.

C’est l’artère principale de la capitale, de style résolument plus européen. D’élégants immeubles résidentiels de l’époque coloniale s’élèvent de part et d’autre, déroulant une succession régulière de balcons filants aux garde-corps en fer forgé et de hautes fenêtres à volets.

La masse imposante de la cathédrale Saint-Vincent-de-Paul, construite dans un style romano-byzantin allégé par des ornements gothiques, vient rompre ce rythme. Non loin de là, le Théâtre municipal de Tunis – toile de fond privilégiée des rassemblements politiques et, à une certaine époque, des manifestations – affirme également sa présence par ses bas-reliefs et la finesse de ses fioritures Art nouveau.

Le controversé hôtel du Lac

Mais en remontant l’avenue sur quelques centaines de mètres vers son extrémité est, on tombe sur une construction qui tranche radicalement avec le paysa