Depuis plus de cent dix ans, les scientifiques pensaient tout savoir de l’anatomie de l’abeille à miel (Apis mellifera). Il est bien connu que le venin est injecté à l’aide de deux valves et ce, même après l’autotomie – ce moment où l’abeille se sépare du bas de son abdomen après la piqûre. C’est ce mécanisme du pompage du venin auquel une équipe de chercheurs australiens s’est atelée. Ils sont parvenus à filmer et à analyser la circulation du venin depuis le réservoir jusqu’au bout du dard, comme le montre leur étude publiée le 12 octobre dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.
Les animaux et insectes venimeux injectent le plus souvent leur poison directement par la contraction de muscles autour d’un réservoir. Mais l’abeille à miel a sa propre technique : on découvre aujourd’hui qu’elle possède un système dynamique à double piston capable de se déformer. Ce mécanisme présente le principal atout de pouvoir déverser le venin dans sa cible avec un flux continu tout en remplissant son contenant.
L’équipe australienne n’en est pas à son coup d’essai. En 2023, elle avait réussi à cartographier, pour la première fois, l’anatomie du dard d’une abeille ouvrière en 3D. Avec une longueur comprise entre deux et trois millimètres, l’appareil venimeux avait pu être observé avec une précision de l’ordre de la dizaine de micromètres. Des instruments utilisés d’ordinaire en physique des matériaux, comme la microscopie électronique à balayage ou la microtomographie à rayons X, avaient permis cette étude.
Comme des parachutes
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