COURRIER INTERNATIONAL : Vous êtes journaliste suisse, vous écrivez sur les droits des enfants, notamment en France. Est-ce un sujet qui intéresse particulièrement votre rédaction ?

CÉLINE ZÜND : Je travaille pour la rubrique Société au Temps, et plus particulièrement sur les sujets de la parentalité et de l’enfance, d’où l’intérêt porté aux différentes affaires comme Lyhanna ou le périscolaire, pour les plus récentes. Mon journal est toujours attentif à l’actualité française, et les droits des enfants sont une question qui dépasse les frontières : les mécanismes de fond, le déni collectif qu’il peut y avoir, tout cela touche à la question plus universelle de savoir comment l’on regarde les enfants. Elle se pose en Suisse également – les statistiques ne laissent pas de doute –, mais de manière moins médiatique pour l’instant. Il y a eu les révélations d’abus à l’abbaye de Saint-Maurice, mais l’impact n’était pas comparable à ce que connaît la France depuis des années, avec la publication du livre La Familia grande, la création de la Ciivise [Commission indépendante sur l’inceste et les violences faites aux enfants], les affaires Bétharram et Pelicot…

Avez-vous l’impression que la France vit un moment charnière sur la question ?

Il y a une prise de conscience, un vrai sursaut émo