C’est une petite fille de 3 ans, qui raconte avoir eu peur d’un loup, dans les toilettes du périscolaire. “Est-ce que l’éducateur t’a protégée ?” demande la maman. “C’était lui, le loup. Il aboyait”, répond l’enfant. Elle évoque ensuite “quelque chose” qui s’est ouvert et lui a fait très mal. Ailleurs, un garçon explique que son tonton a fait un “pipi blanc” sur lui. Une fillette pense que son beau-père avait perdu un objet et qu’il le “cherchait dans sa zézette”.

Infans, en latin, signifie “celui qui ne parle pas”. Ces mots d’enfants, rapportés par des professionnels, disent pourtant le contraire. Dans de nombreuses affaires de violences sexuelles, les victimes mineures ne restent pas silencieuses. Le problème, c’est moins leur parole que ce que l’on en fait.

Depuis quelques années, les scandales se succèdent, chacun révélant un peu plus les failles d’un système censé protéger les plus vulnérables. En 2021, en France, la publication de La Familia grande, dans lequel Camille Kouchner dénonce les agressions sexuelles de son beau-père, Olivier Duhamel, sur son jeune frère, ouvre une brèche. Elle déclenche une vague de témoignages d’incestes, sur les réseaux sociaux.

Dans le sillage de cette déferlante, le gouvernement français crée la Commission indépendante sur l’inceste et les v