L’expulsion annoncée de l’homme d’affaires haïtien Dimitri Vorbe vers la République dominicaine, après plus de huit mois de détention aux États-Unis, relance un débat fondamental sur la capacité ou la volonté de l’État haïtien à exercer pleinement sa souveraineté judiciaire. Avant lui, Réginald Boulos avait lui aussi été expulsé vers un pays tiers après son passage au centre de détention de Krome, à Miami. Dans les deux cas, les autorités américaines ont évoqué des soupçons de liens avec des groupes armés opérant en Haïti.
Une question s’impose alors pourquoi l’État haïtien ne sollicite-t-il pas officiellement l’extraction ou le transfèrement de ces ressortissants afin qu’ils puissent répondre devant la justice haïtienne des faits qui leur sont reprochés ?
Haïti entretient pourtant des accords de coopération judiciaire et sécuritaire avec plusieurs pays de la région et avec les États-Unis. Si des accusations aussi graves existent, la logique voudrait que les institutions nationales cherchent à établir les responsabilités sur le territoire haïtien, devant les juridictions compétentes.
L’absence d’initiative officielle du gouvernement haïtien laisse également croire que le pays accepte d’être simple spectateur de dossiers qui concernent pourtant directement sa sécurité nationale. Or, une justice crédible ne peut fonctionner à distance ni dépendre exclusivement des décisions étrangères. Si des preuves existent, elles doivent être soumises aux tribunaux haïtiens. Sinon, l’opinion publique continuera de naviguer entre soupçons, instrumentalisation politique et sentiment d’impunité.
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