Au moment où le président Emmanuel Macron n’a de cesse d’alerter sur la menace hybride russe, l’empressement de la France à exiger la levée des sanctions européennes contre l’homme d’affaires russo-ouzbek Alicher Ousmanov ne peut qu’étonner. Paris a sidéré ses partenaires en se posant en défenseur du milliardaire dont le nom figure, depuis février 2022, sur la liste des 3 000 personnes et entités juridiques accusées de soutenir l’effort de guerre russe. Mais finalement, mardi 22 septembre, ils ont accepté.
Invoquant la « sécurité nationale », les diplomates français à Bruxelles bloquaient, depuis le 14 septembre, la reconduction des sanctions, semant la discorde parmi les 27 pays de l’Union européenne (UE). La France et la Slovaquie réclamaient la réhabilitation d’Alicher Ousmanov, le Luxembourg, la Hongrie et la Slovaquie insistaient pour qu’un autre oligarque russe, Mikhaïl Fridman, soit lui aussi exempté de sanctions. La Lettonie, elle, s’opposait résolument à ces aménagements, quand l’Ukraine ne cachait pas sa déception.
Le premier ministre ukrainien, Sergey Koretsky, a appelé l’UE à ne pas relâcher les sanctions contre la Russie, au moment où cette dernière redouble ses attaques aériennes contre son pays. « Permettre à des entreprises et à des oligarques russes de se dérober à leur responsabilité face à une guerre qu’ils n’ont jamais dénoncée est immoral et contre-productif », a-t-il déclaré lundi 21 septembre.
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