“C’est une barrière qui tombe”, se félicite The Guardian. Les descendants de personnes réduites en esclavage dans une vingtaine de colonies et de dépendances britanniques au XIXe siècle ont désormais accès en ligne aux archives concernant leurs ancêtres. “Une première” permise par la collaboration entre le site de généalogie Ancestry et l’University College de Londres.
La période concernée s’étend de 1813 à 1840, dans le sillage de l’abolition de la traite transatlantique, en 1807. “Ces documents ont été créés par le gouvernement britannique pour empêcher le commerce illégal des personnes réduites en esclavage et pour en recenser le nombre”, précise le quotidien londonien.
“Précision glaçante”
Au total, quatre millions de fiches ont été mises à disposition du grand public dans le cadre de ce projet. “L’identité de ces gens était consignée avec une précision glaçante, constate le journal de gauche. Les fiches comprennent les noms, l’âge, la description physique, la filiation, les dates de naissance, de mort et les changements de propriétaires. La distinction est parfois faite entre une personne née en Afrique et une autre née dans les Caraïbes.”
Près de deux siècles après l’abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques, “ces documents restaurent une part d’humanité”, assure la généalogiste Nicka Sewell-Smith, interrogée par The Guardian. La base de données permet ainsi à des millions de descendants potentiels de reconstituer leur arbre familial. “Plus besoin de se rendre aux Archives nationales, il suffit de s’inscrire sur Ancestry et de taper un nom dans la barre de recherche.”
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L’outil pourrait servir bien au-delà des frontières du Royaume-Uni et de ses ex-colonies, souligne le quotidien britannique, à l’avant-garde de la couverture de la mémoire coloniale, au point d’effectuer une introspection régulière sur ses propres liens avec le commerce triangulaire. “Les migrations et les mouvements forcés de population sous le régime de l’esclavage signifient que de nombreux descendants se trouvent partout dans la diaspora africaine, des États-Unis à l’Amérique latine.” Pour Nicka Sewell-Smith, cette initiative atteindra son plein potentiel “lorsque les particuliers et les chercheurs auront mis ces registres en lien avec d’autres archives”.
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