Heidenau/Chemnitz. En janvier 2017, Björn Höcke avait qualifié de “monument de la honte” le mémorial de l’Holocauste de Berlin, lors d’un discours célèbre au Ballhaus Watzke, un restaurant situé à Dresde.
[Le chef de l’extrême droite en Thuringe] avait déclaré que son parti, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), allait revoir fondamentalement la commémoration des crimes du national-socialisme et plaidé pour “un virage à 180° de la politique de la mémoire”. Ses propos avaient alors soulevé une grande indignation. Un peu moins de dix ans plus tard, le 24 septembre 2026, le virage qu’il appelait de ses vœux a commencé à Heidenau, une petite ville saxonne [d’environ 16 000 habitants], pas très éloignée de Dresde.
La municipalité a en effet décidé d’interdire la pose en ville de pavés de mémoire (Stolpersteine, en allemand). Financées par des dons, ces petites plaques de laiton de 10 centimètres sur 10 sont installées par des organisations issues de la société civile sur les trottoirs, devant le domicile de personnes souvent juives et victimes de persécutions politiques. Les Stolpersteine [sur lesquelles sont généralement inscrits le nom et les dates de naissance et de décès des intéressés] permettent de se rappeler des gens qui ont habité là, avant d’être déportés et assassinés par
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