Amnesty International appelle, jeudi 24 septembre, à la « suppression immédiate » de la police de l’immigration américaine (ICE), chargée de mener l’offensive antimigrants de Donald Trump, dans un rapport qui « recense les violations généralisées des droits humains » au cours de ses opérations d’envergure.
La publication de ce document, intitulé « On avait des sifflets et eux, des pistolets », intervient moins d’une semaine après qu’un migrant vénézuélien, Wilber Garcés Pérez, a été blessé par un tir d’un agent de l’ICE à Austin, au Texas, venant raviver la colère aux Etats-Unis face aux méthodes jugées brutales de la police de l’immigration.
En janvier, la mort de deux citoyens américains, Renee Good, une mère de famille de 37 ans, et Alex Pretti, un infirmier du même âge, tués par balles par des agents fédéraux alors qu’ils étaient témoins des vastes opérations menées à Minneapolis (nord), avait suscité l’indignation à travers le pays. Tous deux avaient été abattus en pleine rue et en plein jour, à moins de trois semaines d’intervalle.
« Le fait que des agents fédéraux masqués et armés s’en prennent en toute impunité à des gens dans la rue ne rend pas nos quartiers plus sûrs : ça met tout le monde en danger », alerte la directrice d’Amnesty International Etats-Unis, Nadia Daar.
« Défaillante par nature »
Le rapport repose sur plus de 150 témoignages recueillis entre mars et juin dans quatre des principales villes où ICE a concentré ses opérations, parfois appuyée par d’autres agences fédérales : Chicago, La Nouvelle-Orléans, Minneapolis et Washington. « L’ICE est défaillante par nature et ne peut être réformée. Si le gouvernement américain ne dispose pas d’un système de contrôle de l’immigration qui respecte le droit international relatif aux droits humains (…) , il faut supprimer l’ICE », appelle Nadia Daar.
Le rapport « démontre que l’administration Trump met en place un système de détention et d’expulsion massives nourri par des discours racistes, xénophobes et mensongers, dont l’objectif est de détenir et d’expulser du territoire états-unien le plus grand nombre possible de personnes migrantes, demandeuses d’asile ou réfugiées, et de susciter la peur parmi l’ensemble des populations immigrées », écrit l’organisation, qui œuvre à la défense des droits humains.
Dans le détail, Amnesty International énumère avoir documenté « discriminations raciales et détentions arbitraires », « harcèlement, intimidation, traitement dégradant et recours injustifié à la force par des agents fédéraux », « recours à la force meurtrière et homicides illégaux imputables à des agents fédéraux » ou encore « conditions de détention inhumaines et privation de procédures régulières ». L’ONG insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’« incidents isolés ou exceptionnels » mais d’un « schéma récurrent ».