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Géopolitique

L’Arabie saoudite intercepte six missiles balistiques tirés depuis le Yémen ; Téhéran nie dicter aux houthistes leur conduite

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a assuré que les houthistes étaient « responsables de leurs propres actes » et « ne [recevaient] pas de directives » de l’Iran, tout en admettant avoir des contacts avec eux.

L’Arabie saoudite intercepte six missiles balistiques tirés depuis le Yémen ; Téhéran nie dicter aux houthistes leur conduite
HaitiCreoleRadio.com

La ‌coalition militaire menée par l’Arabie saoudite au Yémen a annoncé, jeudi 24 septembre, avoir intercepté six missiles balistiques tirés du Yémen, visant les régions de Taïf et de Yanbu, sur la mer Rouge.

La défense civile saoudienne avait émis plus tôt des alertes « signalant un danger potentiel » dans plusieurs régions du royaume, notamment La Mecque, la ville la plus sacrée de l’islam. Ces avertissements, qui concernaient également les provinces de Taïf, Djedda, Tabouk et Yanbu, ont été levés quelques minutes plus tard.

Les houthistes ont ensuite affirmé avoir lancé une attaque impliquant des missiles balistiques et des drones pour viser des centres de commandement et des dépôts d’armes dans le sud de l’Arabie saoudite.

Selon le groupe, des personnels yéménites, soudanais et saoudiens ont été tués et blessés dans l’attaque. Les combattants pro-iraniens ont aussi revendiqué dans la soirée des attaques contre des installations du géant pétrolier Aramco à Yanbu, et un site non identifié à Riyad.

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« Les escalades et violations de la milice terroriste houthiste feront l’objet d’une réponse ferme », a averti, sur X, un porte-parole de la coalition saoudienne.

Les houthistes ont attaqué plusieurs cibles en Arabie saoudite ces dernières semaines, dont Riyad, la capitale, au cours du week-end, disant riposter à ‌des frappes ‌aériennes ⁠contre ​leurs positions au Yémen. Les Saoudiens les ont accusés d’avoir visé La Mecque, ville sainte de l’Islam, avec un drone, ce que les houtistes ont rapidement démenti.

Les Etats-Unis restent à l’écart

En déplacement aux Etats-Unis dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a assuré que les houthistes étaient « responsables de leurs propres actes » et « ne [recevaient] pas de directives » de l’Iran, dans une interview sur la chaîne américaine Fox News. « Nous avons des contacts avec eux », a toutefois poursuivi le président, selon une traduction en anglais de propos en farsi.

Le président français, Emmanuel Macron, a pour sa part annoncé lors d’un entretien télévisé à Paris l’envoi de « moyens militaires » pour « protéger » le terminal pétrolier de Yanbou, maillon stratégique du réseau saoudien d’installations énergétiques, affirmant qu’il s’agissait d’œuvrer à la détente des marchés pétroliers.

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La milice yéménite, qui contrôlait déjà une grande partie du pays, s’est emparée récemment du littoral de la mer Rouge, consolidant son contrôle du détroit stratégique de Bab Al-Mandab, qui relie l’Europe à l’Asie via la mer Rouge et le canal de Suez.

Jusqu’ici, et malgré des demandes répétées de la part du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, les Etats-Unis ont refusé de s’impliquer dans cette autre guerre.

Le détroit de Bab Al-Mandab, une « ligne rouge »

Dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse (AFP), Abed Mohammed Al-Thawra, conseiller militaire du mouvement pro-iranien, a déclaré que les houthistes n’hésiteraient pas à s’attaquer à des cibles américaines si tel était le cas. Si les Etats-Unis « osaient soutenir l’Arabie saoudite par des frappes aériennes ou un appui aérien (…) nous considérerions tous les intérêts américains autour de nous comme des cibles », a-t-il menacé, avant de préciser que la « ligne rouge » serait, pour eux, une intervention militaire américaine dans le détroit de Bab Al-Mandab.

En parallèle, les houthistes continuent de combattre les forces gouvernementales yéménites, appuyées par l’aviation saoudienne, pour prendre notamment le contrôle des collines dominant le détroit. Les affrontements ont fait au moins 150 morts au cours des vingt-quatre dernières heures, selon des sources militaires des deux camps citées par l’AFP.

Selon un bilan établi par l’agence, 98 membres des forces gouvernementales ont été tués, pour la plupart par des tirs de missile et des drones du côté saoudien de la frontière. Dans les rangs houthistes, les combats ont fait 52 morts, d’après les sources militaires, et également coûté la vie à plusieurs dizaines de civils. Les combats ont entraîné le déplacement de 130 000 personnes depuis début septembre, selon les Nations unies.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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