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Publié le 11/08/2026
Après l’éclipse, la pluie… d’étoiles filantes
À peine l’éclipse totale de Soleil achevée, le ciel offrira un second spectacle de premier ordre. Dans la nuit du 12 au 13 août, les Perséides atteindront leur maximum d’activité sous un ciel parfaitement noir. Une conjonction de circonstances qui fait de 2026 un excellent millésime pour admirer les étoiles filantes.
par Jean-Luc Dauvergne
Chef de rubrique à Ciel & Espace
Après l’éclipse, la pluie… d’étoiles filantes !
Comme un feu d’artifice pour conclure cette semaine astronomique exceptionnelle, les Perséides atteignent leur maximum d’activité quelques heures seulement après l’éclipse totale de Soleil du 12 août. Ce n’est pas tous les ans que deux des plus beaux spectacles célestes se succèdent ainsi.
Les Perséides constituent, avec les Géminides de décembre, l’un des deux grands essaims d’étoiles filantes de l’année. Si les Géminides sont généralement plus abondantes, elles souffrent souvent d’une météo capricieuse et de températures hivernales. Les Perséides, elles, ont pour elles les douces nuits d’été, ce qui explique leur belle popularité.
Une nuit idéale
Le cru 2026 s’annonce exceptionnel. Puisque l’éclipse totale se produit le jour de la Nouvelle Lune, notre satellite sera absent toute la nuit. Aucun clair de Lune ne viendra donc atténuer l’éclat des météores.
Le maximum d’activité est attendu le 12 août vers 21 h TU, soit 23 h en France et en Espagne. Une excellente nouvelle pour les observateurs européens, idéalement placés pour assister au spectacle. D’autant que les Perséides ne connaissent pas un pic aussi bref que certains autres essaims : leur activité reste soutenue plusieurs heures avant et après le maximum théorique, offrant une longue fenêtre d’observation.
Au moment du pic, le radiant — le point du ciel d’où semblent jaillir les étoiles filantes — s’élèvera déjà à une vingtaine de degrés au-dessus de l’horizon nord-est. Au fil des heures, il grimpera toujours plus haut pour culminer à près de 70° en fin de nuit. Plus le radiant est élevé, plus les météores sont nombreux à devenir visibles.
Les traces laissées par Swift-Tuttle
Chaque année, la Terre traverse le vaste nuage de poussières semé par la comète 109P/Swift-Tuttle. Les grains de quelques millimètres pénètrent dans l’atmosphère à 59 km/s. Échauffés jusqu’à plusieurs milliers de degrés, ils se consument en laissant derrière eux les traînées lumineuses que nous appelons étoiles filantes.
Mais ce nuage n’est pas uniforme. Au fil de ses passages autour du Soleil, la comète a déposé des filaments de poussières plus denses que d’autres. Lorsque la Terre en croise un, l’activité peut connaître un sursaut.
Selon les calculs de Jérémie Vaubaillon, chercheur au Laboratoire Temps-Espace, un premier renforcement est attendu vers 16 h 53 TU, en lien avec des poussières libérées lors du passage de la comète en 1079. Ce sursaut se produira toutefois en plein jour pour l’Europe.
L’astronome américain Peter Jenniskens prévoit quant à lui la rencontre d’un autre filament vers 1 h TU, avec une incertitude d’environ 5 heures. Si cette prévision se confirme, ce renforcement pourrait être observable depuis une partie de l’Europe au cours de la nuit.
Au total, on peut raisonnablement espérer admirer entre 60 et 80 météores par heure en France sous un ciel sombre, loin des lumières artificielles. Les plus patients pourraient même en voir davantage si l’un de ces filaments se révèle un peu plus actif que prévu.
Le meilleur instrument ? Vos yeux !
Contrairement aux planètes ou aux galaxies, les étoiles filantes ne s’observent ni au télescope ni aux jumelles. Leur terrain de jeu est toute la voûte céleste. Le meilleur instrument reste donc l’œil nu.
Installez-vous confortablement dans une chaise longue, laissez vos yeux s’habituer à l’obscurité pendant 5 à 10 minutes et regardez le ciel dans son ensemble plutôt qu’un point précis.
Les météores pourront surgir dans toutes les directions, même si leurs trajectoires sembleront toutes converger vers la constellation de Persée, qui donne son nom à l’essaim. En début de nuit, celle-ci se lève au nord-est, juste sous Cassiopée. Cette dernière est facilement reconnaissable à sa silhouette en « W », couchée sur le côté en début de soirée.
Avec une Lune absente, un maximum d’activité favorable à l’Europe et peut-être quelques sursauts supplémentaires, les Perséides 2026 réunissent tous les ingrédients d’une nuit d’observation exceptionnelle.
Dénichez votre coin de ciel noir
Dernier conseil : pour profiter du spectacle, cherchez un coin de ciel bien noir. Le bénéfice d’avoir un ciel sans Lune sera complètement perdu si vous restez en ville. Pour le trouver, vous pouvez vous référer à la carte du ciel noir de Ciel & Espace.
Il y a trois façons d’y accéder. Dans tous les cas, vous devrez la télécharger en cliquant ici ou à l’adresse : https://bit.ly/4yJc8Km (copier/coller le lien si nécessaire. Vous pouvez aussi scanner le QR code ci-dessous avec votre smartphone. Vous obtiendrez un fichier nommé : cielnoir_ciel_et_espace.kmz

Nous vous recommandons d’y accéder via le logiciel gratuit Google Earth pro sur ordinateur, il offre la navigation la plus fluide. Si vous avez le logiciel installé sur votre ordinateur, il suffit d’ouvrir le fichier cielnoir_ciel_et_espace.kmz et il lancera tout seul le logiciel. Si ça ne fonctionne pas, lancez le logiciel et ouvrez le fichier manuellement dans le menu Fichier/Ouvrir.
Vous pouvez aussi utiliser la version en ligne du logiciel ou l’application pour smartphone. Il faut ensuite ouvrir le fichier en allant dans le menu principal. Choisir Projets/Nouveau projet/Importer un fichier KML.
Chaque point de la carte est cliquable pour avoir accès aux informations associées et aux coordonnées géographiques précises. Sur la version pour smartphone, il faut cliquer sur les noms plutôt que les pictogrammes.
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