À première vue, rien n’a changé : au Cap-Ferret, destination huppée à la pointe de la presqu’île du même nom, au bord du bassin d’Arcachon, les touristes commandent toujours des douzaines d’huîtres dans les derniers rayons du soleil, et le Petit Train vert traverse la péninsule pour acheminer les enfants de la jetée à la plage de l’Horizon, où les tempêtes hivernales ont englouti quelques anciens bunkers allemands. Dans le village du Canon, qui doit son nom à une ancienne pièce d’artillerie de l’époque de la Révolution, les autos-tamponneuses et les stands de tir à la carabine de la fête foraine sont encore là.
Les riches Parisiens qui avaient fui les incendies en juillet garent de nouveau leurs Range Rover derrière leurs villas à plusieurs millions inspirées des cabanes de pêcheur traditionnelles, puis grimpent dans leurs vieilles Méhari ou leurs Mini Moke et roulent, pieds nus, vers le célèbre Sail Fish [un bar et restaurant festif] pour danser à en perdre la tête sur Dans les yeux d’Émilie, le tube de Joe Dassin écrit dans les années 1970, preuve que le comble du luxe n’est pas un séjour dans un palace mais un voyage dans le temps, à l’époque où la France développait son TGV et son Concorde, libre de toutes les préoccupations sociales et économiques d’aujourd’hui – une époque
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