Je fais partie des gens qui font coucou. Dès que j’en ai l’occasion, je fais coucou. Ça me rend heureuse – à partir du moment où l’on me rend mon signe. C’est mon instinct naturel, ma façon à moi de me motiver quand la vie est grise. Je fais coucou au laveur de carreaux qui lustre la façade des bureaux d’en face, aux touristes sur les bateaux de croisière, aux enfants dans le bus, aux skieurs sur les télésièges et au grutier tout là-haut. Presque à tous les coups, ils me rendent mon salut. Et, chaque fois, cela me met en joie.
Mon comportement n’a rien d’exceptionnel, il a des fondements biologiques : les interactions sociales – comme mes petits coucous – activent le circuit de la récompense, amenant le corps à produire de la dopamine et de l’ocytocine, également surnommée l’“hormone du bonheur”. Un simple geste de la main peut produire du bonheur à la chaîne. Car la plupart des gens y répondent. Saluer est un geste aussi contagieux qu’un – gentil – virus.
“Je suis là, on me voit !”
C’est à cause de nos neurones miroirs, ainsi que l’a démontré le neurologue Giacomo Rizzolatti. Ce sont eux qui nous aident à interpréter et à réagir aux comportements des autres – en renvoyant un salut de la main, par exemple. Faire coucou, c’est comme adresser un sourire, mais avec la main. Les enf
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L’art discret de vivre sans amis
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