Une semaine s’est écoulée depuis que deux séismes ont plongé le Venezuela dans la pire tragédie de son histoire récente [le 24 juin], et Caracas est submergée par le deuil et la peine. Dans les rues de la capitale, la circulation est lente, lourde. Les écoles sont fermées [les cours n’ont repris que le 6 juillet et seulement dans les zones non affectées par le tremblement de terre]. Dans les bureaux, l’activité est au ralenti. Sur les trottoirs, les rares piétons ne peuvent s’empêcher d’avancer le nez en l’air, pour détailler les dégâts. Personne ne veut s’éloigner de ses proches. Au choc de ce qu’il s’est passé vient se mêler la terreur de ce qui pourrait se reproduire tant les répliques sont constantes – plus de 600 déjà selon la Funvisis (Fondation vénézuélienne de recherches en sismologie).

Dans des quartiers comme celui de Palos Grandes [dans la banlieue est de Caracas], certains continuent d’espérer qu’on retrouve les corps de leurs proches. À trente minutes de là, pendant ce temps, l’urgence grandit : ils sont des dizaines, armés de pioches et de pelles, à se relayer en permanence pour soulever blocs de béton et poutres métalliques et sortir des victimes des décombres.

Eddie Tirado, 41 ans, est depuis jeudi [25 juin] à pied d’œuvre pour déplacer ce qu’il reste de l’immeub