Une semaine s’est écoulée depuis que deux séismes ont plongé le Venezuela dans la pire tragédie de son histoire récente [le 24 juin], et Caracas est submergée par le deuil et la peine. Dans les rues de la capitale, la circulation est lente, lourde. Les écoles sont fermées [les cours n’ont repris que le 6 juillet et seulement dans les zones non affectées par le tremblement de terre]. Dans les bureaux, l’activité est au ralenti. Sur les trottoirs, les rares piétons ne peuvent s’empêcher d’avancer le nez en l’air, pour détailler les dégâts. Personne ne veut s’éloigner de ses proches. Au choc de ce qu’il s’est passé vient se mêler la terreur de ce qui pourrait se reproduire tant les répliques sont constantes – plus de 600 déjà selon la Funvisis (Fondation vénézuélienne de recherches en sismologie).
Dans des quartiers comme celui de Palos Grandes [dans la banlieue est de Caracas], certains continuent d’espérer qu’on retrouve les corps de leurs proches. À trente minutes de là, pendant ce temps, l’urgence grandit : ils sont des dizaines, armés de pioches et de pelles, à se relayer en permanence pour soulever blocs de béton et poutres métalliques et sortir des victimes des décombres.
Eddie Tirado, 41 ans, est depuis jeudi [25 juin] à pied d’œuvre pour déplacer ce qu’il reste de l’immeub
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Lancé en 1943, El Nacional a longtemps été le quotidien le plus lu, le plus reconnu, le plus indépendant du Venezuela. Mais, sous le régime autoritaire d’Hugo Chávez puis de Nicolás Maduro, il a été l’un des grands médias du pays ciblés par la répression judiciaire. À la fin de 2018, il est contraint de cesser sa publication papier, et poursuit son activité uniquement sur le web, avec des serveurs à l’étranger. “Aucune frontière, aucune censure ne nous arrêtera”, écrit-il alors. Depuis 2022, le site Internet est bloqué au Venezuela, mais le titre reste le journal de référence des opposants au chavisme, et l’un des plus lus du pays, notamment grâce aux réseaux privés virtuels (VPN) et à sa forte présence sur les réseaux sociaux. Son directeur, Miguel Henrique Otero, vit en exil en Espagne depuis 2015. Interrogé en décembre 2025 par Courrier International, il revendiquait 12 millions de visiteurs uniques par mois.