La grave crise interne que traverse le Tribunal suprême fédéral brésilien (STF) a projeté l’institution au cœur des élections générales du dimanche 4 octobre, offrant au camp bolsonariste un thème de campagne dont il a su tirer parti. Le scrutin s’est soldé par l’arrivée en tête, au premier tour de la présidentielle, du candidat d’extrême droite Flávio Bolsonaro (47 % des voix), devant le dirigeant de gauche Lula (45 %), ainsi que par l’avancée sans précédent de sa formation politique, le Parti libéral (PL), à la Chambre des députés et au Sénat.

“Le rôle du STF est essentiel pour comprendre le résultat”, analyse une éditorialiste du quotidien O Globo, et “pas seulement en ce qui concerne l’élection d’un grand nombre de sénateurs de la droite bolsonariste”, qui avaient fait de la destitution de juges de la plus haute juridiction du Brésil leur “cheval de bataille”.

La “proximité” du gouvernement Lula avec le STF, et “plus précisément avec une faction de juges regroupée autour d’Alexandre de Moraes”, rapporteur l’an dernier du procès ayant débouché sur la condamnation de l’ex-président Jair Bolsonaro, le père de Flávio, pour tentative de coup d’État, “a coûté au président un prix plus élevé” que prévu, observe-t-elle. Les alliés de Lula comptent désormais “revoir la stratégie” au