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Dans la Somalie en guerre, une aide humanitaire empêchée, des populations menacées de famine

Les violents combats entre factions gouvernementales rivales aggravent encore la crise alimentaire qui touche près de 7 millions de Somaliens. Fuyant la sécheresse et la faim, les réfugiés ne cessent d’affluer dans les camps où se trouvent les organisations humanitaires, bannies de certaines

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Dans la Somalie en guerre, une aide humanitaire empêchée, des populations menacées de famine

Par Jacques Follorou (Baidoa, Buur Hakaba, Mogadiscio [Somalie], envoyé spécial)
Publié aujourd’hui à 19h01

Temps de Lecture 8 min.

La petite ville de Buur Hakaba, bâtie autour de l’une des rares collines de la vaste plaine du sud-ouest de la Somalie, rappelle que ce pays n’a rien à envier à l’Egypte biblique en matière de plaies. On accède à cette cité, située à 180 kilomètres de la capitale, Mogadiscio, grâce aux avions des Nations unies car la route est barrée par les milices du mouvement islamiste chabab, qui a 30 % du territoire national sous son emprise. Buur Hakaba reste, pour l’heure, un îlot sous l’autorité du gouvernement fédéral mais la menace est proche, les islamistes sont à 15 kilomètres. La cité est aussi entourée de camps, où s’entassent des centaines de familles vivant sous des tentes rondes faites de tissus et de cordes de fortune. Fuyant la sécheresse et la faim, ces réfugiés de l’intérieur sont venus chercher de l’aide auprès des organisations humanitaires.

Assise devant sa cahute, au cœur du camp de Ballow, Sabarin Fidle, 25 ans, mère de cinq enfants, a le regard perdu dans le vide. Arrivée avant l’été, elle a retrouvé sa mère et des parents qui avaient quitté, avant elle, leur village de Biyooley, à 25 kilomètres de là. « On a décidé de venir après avoir perdu notre récolte et notre bétail, dit-elle. Mais, ici, on n’a ni éducation pour les enfants, ni toilettes, ni lumière. Dès qu’on s’éloigne le soir de notre camp, on risque de se faire violer, alors que dans le camp de Golooly, juste à-côté, ils ont quatre W.-C. et une petite école, tout ça parce qu’ils sont d’un clan dominant. » Ces populations naufragées se regroupent par clan, rappelant combien cette structure domine une société somalienne privée d’Etat viable depuis les années 1990.

Quoi qu’il arrive, elle ne retournera pas dans son village situé dans une zone contrôlée par les Chabab. « Ici, nous avons un repas par jour, et dès que nous pourrons avoir un bout de terre, il n’y aura plus de problème », assure-t-elle, ajoutant qu’elle aurait pu rester à Biyooley si les ONG et les agences des Nations unies n’y étaient pas interdites de séjour par les milices islamistes. « Ils disent que les sacs de nourriture contiennent des caméras espions ou de quoi donner leurs positions GPS, ils ont peur des infiltrations. »

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