Une bande de mer au cœur du détroit de Magellan, le long de côtes boisées battues par des vents extrêmes, surplombées de dents rocheuses coiffées de neige. L’usage de cette zone de 12 000 hectares, située à quelques heures de bateau de la ville portuaire de Punta Arenas, vers l’ouest du détroit, est revendiqué par des Kawesqar, un peuple autochtone présent dans l’extrême sud du continent américain depuis 6 000 ans et décimé par les colons européens à partir du XIXe siècle.
« Nous voulons faire reconnaître notre usage coutumier de cet espace. Plus personne ne pourra nous dire que nous n’avons pas le droit de plonger ou de pêcher ici comme nos ancêtres le faisaient », défend Leticia Caro, 52 ans, le ton déterminé, dans un café de Punta Arenas, ville plongée dans l’obscurité des courtes journées de l’hiver austral.
Présidente de la communauté Nomades de la mer, l’un des 19 groupes familiaux kawesqar, elle descend de ces nomades qui parcouraient les canaux du sud de la Patagonie en canoë et se nourrissaient de la pêche et de la collecte de coquillages. Les quelque 500 personnes qui composent aujourd’hui le peuple Kawesqar habitent dans les villes de la région, mais plusieurs perpétuent les traditions. « Nous naviguons toujours et vivons de la pêche et de l’artisanat », explique Leticia Caro.
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