Pour la première fois depuis le retour de la démocratie au Chili en 1990, aucune commémoration officielle n’a été organisée cette année en mémoire des victimes de la dictature d’Augusto Pinochet. Des milliers de personnes sont néanmoins descendues dans la rue, vendredi 11 et samedi 12 septembre, pour condamner le régime militaire (1973-1990) qui a fait plus de 3 200 victimes, mortes ou disparues.
Ces manifestations, organisées à l’occasion du 53e anniversaire du coup d’Etat du général Pinochet – le 11 septembre 1973 – contre le président socialiste Salvador Allende, ont débouché sur l’arrestation de 284 personnes, a déclaré le ministre de la sécurité publique, Martín Arrau, sur X.
Lors des rassemblements, des manifestants ont lancé des pierres et des bâtons sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau antiémeute, selon les autorités. Parmi les 284 personnes arrêtées (soit 80 % de plus qu’il y a un an) figurent 16 étrangers et 31 mineurs, a précisé M. Arrau.
Aucun blessé, selon les autorités
Le ministère de la sécurité publique a également recensé 198 « actes de violence », tout en précisant que personne n’avait été blessé. « Nous allons continuer à rester fermes, à faire face à la violence et à protéger la tranquillité des familles chiliennes », a déclaré le ministre.
« De même que je ne peux pas effacer l’histoire, je ne peux pas non plus demander à nos compatriotes d’être condamnés par notre histoire à ne pas pouvoir regarder l’avenir de notre nation », a affirmé, dans un discours prononcé vendredi dans la région de Los Ríos (Sud), le président de droite, José Antonio Kast, pour expliquer l’absence de cérémonie officielle.
Les principales manifestations ont eu lieu au cimetière général de Santiago, où se trouve le mausolée de la famille Allende et où étaient présents sa fille et ancienne sénatrice Isabel Allende, ainsi que l’ex-président de gauche Gabriel Boric.
Des rassemblements ont également eu lieu au palais de La Moneda, où Salvador Allende avait résisté contre le coup d’Etat jusqu’à sa mort par suicide, ainsi qu’au Stade national, site utilisé comme centre de détention et de torture pendant la dictature.