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Géopolitique

Au Japon, la relance du nucléaire compromise par un scandale de falsifications de données

Pressés de pouvoir redémarrer deux réacteurs de la centrale de Hamaoka, au centre du pays, les responsables de l’installation nucléaire ont minoré les risques sismiques afin de limiter la durée de travaux d’adaptation.

Au Japon, la relance du nucléaire compromise par un scandale de falsifications de données
HaitiCreoleRadio.com

Des données manipulées et des démissions en cascade : la filière nucléaire japonaise est à nouveau dans la tourmente. Le scandale de falsification des données sismiques d’une centrale de la Compagnie d’électricité du Chubu fragilise la politique japonaise de relance de l’énergie atomique. « Nous avons connu de graves problèmes liés à notre culture d’entreprise et à notre gouvernance. Regagner la confiance du public doit être notre priorité absolue », a reconnu le PDG de l’entreprise, Kingo Hayashi, qui a annoncé sa démission lundi 14 septembre et sera remplacé le 1er octobre par son adjoint, Minoru Yasui. Le président du groupe, Satoru Katsuno, va également quitter son poste.

L’annonce a coïncidé avec la décision de la compagnie de renoncer à ses demandes, déposées en 2014 et en 2015, d’autorisation de redémarrer les réacteurs 3 et 4 de la centrale de Hamaoka, située dans le département de Shizuoka (centre du Japon). Deux autres réacteurs de la centrale sont en cours de démantèlement, et un cinquième est à l’arrêt.

En décembre 2025, l’autorité de régulation du nucléaire nippone (ARN) a suspendu l’évaluation des deux réacteurs à relancer après une dénonciation de malversation. Une commission indépendante a été formée. Elle a rendu ses conclusions le 14 septembre. L’enquête révèle des irrégularités dont l’objectif était de limiter la réalité des risques sismiques à la centrale de Hamaoka.

La compagnie a tout fait pour minimiser le risque qu’un tremblement de terre ne provoque un mouvement du sol supérieur à 1 200 gals (le gal est une unité d’accélération utilisée pour mesurer l’intensité des secousses sismiques). Une évaluation supérieure à 1 200 gals aurait nécessité des contrôles de sécurité supplémentaires ainsi que des travaux susceptibles de retarder les redémarrages, et donc un surcroît de coût.

Objectif commercial de première importance

D’après la commission, la direction de la compagnie du Chubu avait fait de la relance rapide des réacteurs un objectif commercial de première importance. Elle exerçait une forte pression sur l’équipe chargée d’obtenir l’autorisation de redémarrage, qui avait pris du retard sur le calendrier fixé.

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