Un léopard des neiges géant, des cavaliers qui galopent dans un décor virtuel avant de surgir véritablement dans l’arène, deux mille danseurs, de la réalité augmentée, de la 3D et des costumes traditionnels baignés de lumière ont envahi la Bishkek Arena, le 31 août, comme le montrent les images du média indépendant russe The Insider. Dans la capitale kirghize, l’ouverture des VIe Jeux mondiaux nomades a transformé la scène en un grand spectacle. Le site d’information kazakh Kursiv raconte un show préparé pendant près d’un an, qui a beaucoup impressionné plusieurs internautes qui suivaient la cérémonie en ligne. “Un spectacle aussi grandiose, on n’en avait encore jamais vu”, s’enthousiasme l’un des passionnés. Un autre assure même que c’était “mieux que les Jeux olympiques”.

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Pendant six jours, le Kirghizistan est devenu, selon Al-Jazeera, “le cœur battant des cultures nomades d’Asie centrale”. Plus de 3 000 athlètes, venus de plus de 100 pays, ont participé à cette sixième édition des Jeux. The Times of Central Asia mesure le chemin parcouru depuis les premiers Jeux d’Issyk-Koul, en 2014, qui avaient accueilli seulement 583 athlètes venus de 19 pays. Le média anglophone kirghize observe également un intérêt grandissant des touristes occidentaux. “Pour la plupart des voyageurs, les Jeux mondiaux sont davantage un temps fort que la seule raison de leur visite”, explique une responsable de l’agence Ak-Sai Travel.

Faire rayonner un héritage

Sur les images d’Al-Jazeera, les spectateurs remplissent les tribunes pendant que les athlètes s’affrontent lors des courses d’endurance. On y voit des cavaliers se pencher presque jusqu’au sol, soulevant des nuages de poussière, pour se disputer une carcasse de chèvre de 30 kilos lors d’une partie de kok-boru – un sport équestre traditionnel d’Asie centrale – et tenter de la déposer dans le but de leur adversaire. Ailleurs, des lutteurs se saisissent à bras-le-corps, des archers visent une cible à 70 mètres ou tirent à cheval, et des fauconniers se mesurent à la chasse, parmi des dizaines d’autres disciplines traditionnelles.

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Un événement captivant que le journaliste de la chaîne qatarie, Osama Bin Javaid – lui-même perché sur un cheval –, compare aux “Jeux olympiques de l’Asie centrale”. “Pour le Kirghizistan, un pays de nomades, cela va bien au-delà de la compétition sportive : les Jeux sont une célébration de l’identité kirghize et une façon de perpétuer des traditions séculaires.”

Sur le terrain, le Kazakhstan termine premier au classement des médailles, rapporte l’agence officielle kazakhe Qazinform, avec 74 médailles, dont 32 en or. Le Kirghizistan en a remporté davantage au total – 84 –, mais seulement 30 en or, ce qui le place deuxième, loin devant la Russie. L’équipe française a remporté deux médailles, dont une en or dans l’épreuve du magyar style (tir à l’arc, à cheval). Avant de passer le relais au Tatarstan, qui accueillera les prochains Jeux en 2028, écrit l’agence officielle kirghize Kabar, l’événement s’est achevé sur les rives du lac Issyk-Koul, au cœur des montagnes du Tian Shan. “Des motifs amérindiens et slaves aux performances ethnoculturelles africaines, chinoises et orientales” ont orné l’hippodrome équestre de Cholpon-Ata, théâtre d’“une féerique cérémonie de clôture”.