Au Maroc, le coup d’envoi de la campagne électorale pour les élections législatives, a été donné le 10 septembre, avec 27 partis politiques en lice pour 395 sièges, récapitule le site d’information Middle East Online.

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Le 23 septembre, plus de 15 millions d’électeurs sont invités aux urnes pour choisir leurs représentants, et indirectement, le futur chef du gouvernement. Les précédentes législatives du 8 septembre 2021 avaient porté au pouvoir Aziz Akhannouch, au sein d’une coalition composée du Rassemblement national des indépendants (RNI), du Parti authenticité et modernité (PAM) et de l’Istiqlal, parti royaliste fondé pour obtenir l’indépendance du pays.

Cette coalition au pouvoir cherche à se maintenir au pouvoir malgré les inégalités sociales et économiques persistantes.

L’“électrochoc” de Ceuta

Les enjeux sociaux sont au cœur de ces élections, notamment après les événements de Ceuta, en août, qui mettent à nu le désespoir d’une frange de la jeunesse marocaine.

Le quotidien espagnol El País estime que l’épisode relatif à l’exode de milliers de jeunes Marocains vers l’enclave de Ceuta a laissé des traces et eu même l’effet d’un “électrochoc” pour les Marocains. Mais au lieu de donner des réponses sociales, les partis politiques préfèrent surfer sur la vague d’un nationalisme marocain pour appeler à la récupération (peu probable) des enclaves de Ceuta et Melilla.

Autre possible raison d’un mécontentement social, trois ans après le séisme meurtrier qui a frappé, le 8 septembre 2023, la région d’Al-Haouz, faisant plus de 2 900 morts et plus de 5 500 blessés, certaines voix dénoncent une prise en charge insuffisante des victimes.

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Dans un témoignage auprès de la chaîne de télévision allemande Deutsche Welle, un septuagénaire se plaint de n’avoir pas eu droit, comme d’autres, aux indemnisations promises. “Je veux savoir où sont passés mes droits, depuis trois ans, je vais d’un service à l’autre, d’une plainte à l’autre, d’une requête à l’autre, à la recherche d’une réponse. Pourquoi ai-je été exclu ? Ne suis-je pas un citoyen marocain ?” s’agace cet homme de 72 ans, assis devant sa maison en ruine.

Plus de 3 000 familles n’ont bénéficié d’aucune aide de l’État, selon les plaintes reçues par la Coordination nationale des victimes du séisme d’Al-Haouz. Les mécontents espèrent notamment que les élections législatives permettront de changer les choses.

Le PJD joue sa partition

Dans ce contexte, le Parti de la justice et du développement (PJD), à l’orientation islamiste, joue sa partition pour espérer revenir aux commandes, après son éviction du pouvoir à la faveur des élections de 2021. Dans son programme, le parti fait de la création d’emplois, particulièrement pour les jeunes, l’une de ses priorités, rapporte le site d’information Morocco World News.

Le PJD projette également de lutter contre les monopoles en augmentant l’impôt pour les sociétés identifiées comme occupant une position dominante sur le marché. Il critique également l’incapacité de la majorité à créer de l’emploi malgré la croissance économique affichée. Au Maroc, 1,6 million de chômeurs sont recensés en 2025 et plus de 37 % des jeunes actifs entre 15 et 24 ans sont touchés.

Pour sa part, la coalition au pouvoir aborde les élections en rangs dispersés, sur fond de dissensions entre les trois partis qui la composent. Autrefois alliés, le RNI et le PAM ont scellé leur rupture et se confrontent désormais, espérant obtenir la première place du podium et faire émerger un chef de gouvernement de leurs rangs, explique le site marocain d’information Quid.

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“Celui qui l’emportera sera en position de négocier et de mettre sur pied une nouvelle majorité”, écrit ainsi le politologue marocain Mustapha Sehimi. Le PAM et le RNI partagent le même ADN politique et, bien que certains de leurs dirigeants jurent qu’ils ne s’allieront plus, une fois les résultats proclamés, le parti qui arrivera en tête devra faire des concessions pour espérer former un gouvernement, conformément à la Constitution marocaine.