Cadres quittant le groupe parlementaire, popularité en berne, fronde interne… À l’aube du “pique-nique” de Kötcse, habituel regroupement de rentrée du parti Fidesz de Viktor Orban, l’ex-Premier ministre vaincu par Peter Magyar en avril et son camp restent sonnés par leur déroute. Sur sa une du 10 septembre, l’hebdomadaire hongrois HVG illustre la situation avec un montage photo montrant Orban, sortant d’une voiture accidentée, et où l’on peut voir un airbag aux couleurs de la Fidesz.

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“Soutiens en ruine, évaluation des dégâts à Kötcse”, peut-on lire dans le sous-titre du magazine. Filant la métaphore automobile, HVG se demande si Orban continuera de “conduire” son parti à l’avenir. “Orban doit lancer un message percutant pour requinquer ses partisans déçus” alors que “l’élite économique du NER [le régime Orban] cherche à sauver sa peau et sa fortune, et que le vivier intellectuel et idéologique n’existe pratiquement plus”, écrit le média libéral.

Une “cour” aux “poches vides”

“Ce n’est pas seulement la Fidesz et son empire médiatique qui se sont effondrés, mais aussi la droite qu’il dominait”, ajoute le magazine. Une “incroyable incertitude règne” et les soutiens “ont le sentiment d’avoir été délaissés”, commente un proche du parti dans un autre article. “Certains ne voient pas un renouveau avec Orban”, mais “la direction de la Fidesz espère que l’état de l’économie finira par ébranler le soutien dont bénéficie Peter Magyar”, poursuit HVG.

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“Magyar s’attaque au patrimoine du NER avec un bulldozer” et “le nombre de membres du NER qui imaginent leur avenir à l’étranger ne cesse d’augmenter”, signale un autre article. Le gendre et la fille d’Orban “sont partis aux États-Unis bien avant les élections”, l’ex-puissant conseiller Arpad Habony “s’est installé dans le nord de l’Italie” et le magnat déchu de la communication Gyula Balasy “est devenu propriétaire à Dubaï”, liste l’hebdomadaire.

“S’il y en a bien qui ont beaucoup perdu avec la victoire de Tisza [parti de Magyar], c’est cette armée d’‘experts’ et de propagandistes nourris à la main”, évoque encore un autre article. Privée d’institutions et de susbides par Magyar, “cette cour jusqu’à présent engraissée de fonds publics aura les poches vides” pour mener son combat politique, conclut HVG. Le magazine note que le radicalisme a le vent en poupe, porté par le récent succès de l’AfD aux élections régionales en Saxe-Anhalt, en Allemagne.