La formule fait florès en Tunisie. Le pays serait-il devenu « la soixante-dixième wilaya [préfecture] de l’Algérie » ? Le spectre d’un assujettissement croissant à Alger plane en effet sur le pays, où l’asthénie économique se conjugue à la régression politique.
Si le malaise à l’égard du paternalisme un brin condescendant du grand voisin de l’ouest n’est pas nouveau, il s’est à l’évidence aiguisé durant l’été après les déclarations du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, tenus le 27 juillet. « Celui qui veut amener le terrorisme en Tunisie ou menacer la Tunisie par le terrorisme, nous détruirons la tente de ses parents », avait-il déclaré, en recourant à une expression populaire. « Celui qui touchera à la sécurité de la Tunisie touche à celle de l’Algérie », avait-il ajouté.
L’onde de choc provoquée par cette mise en garde qui attribuait unilatéralement à l’Algérie la mission de protéger son petit voisin n’est toujours pas retombée. Qui sont ces « terroristes » dont parle le chef de l’Etat algérien ? S’agit-il des démocrates tunisiens qui, le 25 juillet, avaient manifesté dans la capitale contre l’autoritarisme du président Kaïs Saïed et son incapacité à prévenir des coupures d’eau et d’électricité dans la fournaise d’un été caniculaire ? Ou des puissances jugées « hostiles » par l’Algérie, tels le Maroc ou les Emirats arabes unis, accusés de comploter à ses frontières ?
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