Depuis des mois, Mexico se préparait à la fête. Une série de travaux pour embellir le centre historique, classé Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, avait été lancée. Mais, jeudi 11 juin, pour l’inauguration de la Coupe du monde masculine de football 2026, il fallait slalomer entre les tentes de camping et baisser la tête pour éviter les bâches tendues par des cordes. Enseignants, familles de disparus, magistrats ou encore employés de la compagnie d’électricité ont profité de la visibilité que leur donnait l’événement pour manifester leur colère.
Des milliers d’instituteurs venus des Etats pauvres du Guerrero, du Chiapas et de Oaxaca (sud du pays) campent dans les rues depuis le 1er juin. Mercredi, les négociations entre le gouvernement et la Coordination nationale des travailleurs de l’éducation (CNTE), qui ont duré huit heures, n’ont finalement pas abouti et les instituteurs n’ont pas levé le camp. « On ne va pas bouger de tout le Mondial à présent », affirme Sonia (qui ne souhaite pas donner son nom de famille), restée au campement, tandis que ses collègues sont partis manifester dans le sud de la ville. « On veut une augmentation salariale et, surtout, un retour à l’ancien système public pour nos retraites », ajoute cette institutrice de l’Etat de Oaxaca.
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