Les lendemains des révolutions sont souvent décevants, le Népal n’échappe pas à la règle. Quatre mois après sa prise de fonctions comme premier ministre du Népal, l’énigmatique Balendra Shah, 36 ans, héros de la jeunesse, a désarçonné une bonne partie de ses soutiens.
Elu triomphalement le 5 mars, six mois après la révolte éclair de la « gen Z » – génération née de la fin des années 1990 jusqu’au début des années 2010 – qui avait fait tomber en deux jours le gouvernement du communiste Khadga Prasad « KP » Sharma Oli, l’ancien rappeur et maire de Katmandou a imposé un style et un mode de gouvernance peu commun et extrêmement centralisé. Le premier ministre, qui détient aussi le portefeuille de la défense, fait fi des institutions, du Parlement, du président de la République et de la scène internationale.
Il a décidé de s’abstenir de toutes les obligations diplomatiques, déléguant les visites à l’étranger au président du Rastriya Swatantra Party (Parti national indépendant), auquel il est affilié, Rabi Lamichhane. Ce dernier a effectué une visite en Inde pour rencontrer Narendra Modi et s’apprête à se rendre en Chine. Le premier ministre a, quant à lui, refusé de recevoir l’envoyé spécial de Donald Trump pour l’Asie du Sud et centrale, Sergio Gor.
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