Au Zimbabwe, dans le voisinage du parc national de Hwange, il n’est pas rare d’entendre des vuvuzelas à la tombée de la nuit. Depuis la Coupe du monde de 2010 en Afrique du Sud, qui a rendu cet instrument célèbre dans le monde entier, les villageois de cette région les utilisent pour éloigner les lions des maisons, raconte le Daily Maverick. “Et cela a considérablement réduit les pertes de bétail ainsi que les risques de rencontres mortelles avec des lions dans le nord-ouest du Zimbabwe”, constate le média sud-africain.
Les communautés voisines du parc travaillent avec un biologiste, qui n’en revient toujours pas. À l’époque, le Dr Lovemore Sibanda, jeune chercheur, étudie les déplacements de lions à l’aide de colliers GPS pour comprendre la dynamique des conflits avec les humains.
Une combine “astucieuse”
Il observe que les lions solitaires s’approchent souvent des maisons pour chasser le bétail, seule nourriture disponible aux alentours. Le biologiste cherche un moyen de mettre fin aux représailles des villageois sur les lions qui suivent parfois une attaque.
“Il se trouve que c’était la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud”, raconte Lovemore Sibanda, en rappelant combien le son des trompettes avait irrité certains joueurs. Les gens ont eu une idée “astucieuse, poursuit-il. Ils se sont dit que si les vuvuzelas irritaient l’oreille humaine, elles devaient probablement aussi irriter celles des lions qui tuent le bétail.”
Le biologiste décide de transmettre aux communautés locales l’emplacement des lions qui s’approchent des villages. “Ça a marché comme par magie”, se souvient-il. Par groupes de dix ou quinze, des villageois armés de vuvuzelas partent à la rencontre des animaux. “En faisant retentir toutes leurs vuvuzelas à l’unisson, ils créent un mur de bruit assourdissant, juste là où le lion se cache”, explique Lovemore Sibanda. “Le lion ne reste pas. Il s’enfuit pour sauver sa peau et regagner le parc”, plaisante-t-il.
Plus de considération pour les habitants
“Voilà comment j’ai fait ma thèse, en montrant que souffler dans une vuvuzela effrayait les lions et permettait de réduire réellement les conflits entre les humains et ces félins”, conclut le biologiste. Depuis que les communautés voisines du parc utilisent la trompette, les incidents ont diminué de moitié, grâce à une “solution peu coûteuse à un problème complexe”, souligne le Daily Maverick.
Les conflits entre les communautés voisines des parcs et les lions sont fréquents sur le continent africain. Mais les populations locales sont trop rarement associées au travail de protection de l’environnement, relève Lovemore Sibanda. Le biologiste plaide pour que les communautés locales soient mieux considérées et souligne que le sentiment d’exclusion nourrit la colère à l’égard des animaux.
“Si un lion est attrapé dans un piège, des hélicoptères et un véhicule tout-terrain rutilant sont déployés dans les heures qui suivent pour évaluer la situation”, écrit le Daily Maverick. “Mais quand un humain est attaqué par un lion, on voit rarement des hélicoptères et de beaux 4 × 4”, grince Lovemore Sibanda.