Le Maroc n’en finit plus de suffoquer. En trois mois, le pays a connu quatre vagues de chaleur, avec des températures jusqu’à 12 °C au-dessus des normales saisonnières, et un mercure frôlant 50 °C par endroits, selon la direction générale de la météorologie. La dernière, en cours depuis lundi 20 juillet, voit les températures osciller entre 44 et 47 °C dans le sud et le sud-est du pays. Un léger repli est attendu à partir de vendredi. Mais pour combien de temps ?
A leur échelle, les Marocains s’adaptent. En journée, les rues se vident, les habitants se replient derrière des volets clos et limitent leurs déplacements. A la nuit tombée, les parcs se remplissent de familles en quête de fraîcheur. Les enfants jouent au ballon après minuit, alors que les commerces et cafés adaptent leurs horaires. Mais si les pratiques évoluent, l’absence d’une réponse collective structurée se fait sentir.
Pour le climatologue et ancien professeur à l’université Hassan II de Casablanca, Mohammed Saïd Karrouk, ces canicules ne relèvent pourtant plus de l’exception et les épisodes extrêmes deviennent la norme. « Quand il y a sécheresse, elle est très rapide et très intense. Quand il y a retour des pluies, elles sont très abondantes, note-t-il. Ce que nous appelions des événements extrêmes correspond aujourd’hui à la normalité. »
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