C’est sa marque de fabrique : Pete Hegseth adore employer un vocabulaire viriliste. « Les clowns idéologues sont sortis. Les cowboys patriotes sont en place, avec en plus des tests de testostérone. » Cette saillie, parmi bien d’autres, a surgi dans le discours du secrétaire à la défense, mercredi 30 septembre. Baptisée « Etat de la force », l’allocution, amenée à se répéter chaque année, a été prononcée sur la base des Marines de Quantico (Virginie). Elle avait plusieurs objectifs : confirmer les termes de la révolution culturelle menée dans les rangs militaires et procéder à plusieurs annonces marquantes.
Se disant engagé « dans une guerre d’usure contre la bureaucratie du Pentagone », Pete Hegseth a revendiqué d’avoir taillé à la tronçonneuse dans les effectifs des plus hauts gradés, pour faire émerger une nouvelle génération de leaders qui « pensent en dehors des sentiers battus » et sont « audacieux et violents ».
« Les amateurs de statistiques disent que nous avons limogé 10 % des généraux et des amiraux dans l’ensemble des forces armées, et ce chiffre me paraît à peu près correct, a expliqué Pete Hegseth. Et je sais, puisque c’est moi qui l’ai ordonné, que nous avons également réduit de 10 % supplémentaires le nombre total de postes de généraux et d’amiraux. Donc oui, une réduction de 20 % sur toute la ligne. Aujourd’hui, les médias parlent de purge. Moi, j’appelle cela rendre des comptes, et cela n’avait que trop tardé. » Il y a aujourd’hui environ 850 généraux et amiraux en activité. La question de leur nombre est légitime ; celle des critères pour le réduire, bien plus controversée.
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