LETTRE DE ZURICH
Le malheur des uns fait le bonheur des autres, un vieux principe du capitalisme que cette nouvelle histoire confirme. L’explosion mondiale des médicaments coupe-faim comme Ozempic ou Wegovy provoque un nouvel effet secondaire esthétique redouté, l’« Ozempic face », un affaissement brutal des traits dû à une perte de poids ultra-rapide. En clair, si vous avez certes maigri un peu partout, vos joues ont en revanche tendance à se rapprocher furieusement du menton.
Mais Galderma est là pour lutter contre les effets malencontreux de la gravité sur le visage, proposant au consommateur de « vieillir de manière naturelle », un oxymore savoureux quand il est facturé 500 euros la seringue de Sculptra, un stimulateur de collagène. Historiquement développé pour restaurer les volumes du visage des patients atteints du VIH, le produit s’arrache aujourd’hui pour regonfler les joues creusées des accros à la minceur chimique ; la boucle de la vanité pharmaceutique étant ainsi bouclée.
A Zoug, où Galderma a posé son siège dans un bâtiment forcément immaculé, le lac est lisse, absolument sans une ride. Une métaphore géographique parfaite pour ce canton qui ne fait pas de vagues et ne rate jamais une occasion de se positionner sur les dernières technologies à la mode (biotech, cryptomonnaies), surtout celles permettant de maximiser la valeur ajoutée, le tout dans un environnement fiscal parmi les plus plaisants de la Confédération helvétique.
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