Le 4 mai dernier, un événement est peut-être venu marquer le début d’un changement dans la manière dont les troubles psychiatriques sont perçus et traités aux États-Unis.
À l’issue d’un sommet d’un jour consacré à la santé mentale et à la surmédicalisation, Robert Francis Kennedy Jr., le très clivant ministre de la Santé du gouvernement Trump, a promis de mobiliser tout le poids de son ministère, l’un des mieux dotés de l’État fédéral sur le plan budgétaire, afin de mener une réforme en profondeur du monde de la psychiatrie.
Dernier intervenant de la journée, Kennedy n’a pas résisté à la tentation de tourner en dérision l’“orthodoxie” des politiques qui avaient prévalu durant la pandémie de Covid-19 avant de s’attaquer aux dogmes du secteur. Il ne s’est pas non plus privé de se livrer à une analogie passablement hasardeuse en comparant le sevrage des médicaments de type ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine), le groupe d’antidépresseurs le plus prescrit, à un arrêt brutal de l’héroïne, expérience qu’il dit avoir lui-même vécue cent fois. Arrêter les ISRS, a-t-il insisté, serait souvent bien plus compliqué, à en croire l’expérience vécue par un membre de sa famille.
Mais lorsqu’il a évoqué sa volonté de lutter contre la surprescription, son discours s’est f
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Les antidépresseurs, plus addictifs qu’efficaces ?
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