Une fâcheuse nouvelle nous attendait à l’accueil de notre hôtel, sur l’île de Santa Cruz, aux Galápagos. Mon compagnon de voyage, Gidon Ofek, et moi devions nous rendre à l’aéroport trois heures plus tôt que prévu pour pouvoir embarquer sur notre vol de 9 heures du matin. Nous avons examiné la carte, décontenancés. L’aéroport se trouvait à moins de 50 kilomètres.

Le réceptionniste nous a alors calmement expliqué les raisons de ce contretemps : un bus avait été retiré de la circulation en raison d’un incident impliquant un iguane écrasé. “Je suis resté perplexe, se remémore Gidon Ofek. Chez nous, en Californie, on voit souvent des animaux morts sur le bord de la route.”

Selon le Code pénal en vigueur sur l’île, le moindre accrochage avec une espèce endémique peut entraîner de lourdes conséquences. Ainsi, lorsque la navette de la compagnie de bus Lobito – la seule à assurer le transport des passagers à l’aéroport – a accidentellement roulé sur un iguane terrestre jaune des Galápagos, les autorités du parc national de l’archipel ont ouvert une enquête sur-le-champ et mis le bus à l’arrêt.

Afin de rétablir un trafic normal vers l’aéroport, la société Lobito a engagé une personne dont l’unique tâche consiste à vérifier la présence d’iguanes somnolents sous les bus stationnés avant qu