En direct Dimanche 14 Juin 2026
Géopolitique

Avec « Du stade aux barricades », Nikol Dziub réveille les souvenirs du Dynamo Kiev et de ses si remuants supporteurs

La grande équipe de football a eu son rôle à jouer dans le réveil de l’identité nationale ukrainienne. Ce livre lui rend hommage.

Avec « Du stade aux barricades », Nikol Dziub réveille les souvenirs du Dynamo Kiev et de ses si remuants supporteurs
HaitiCreoleRadio.com

« Du stade aux barricades. FC Dynamo Kyïv », de Nikol Dziub, Médiapop, « Le club des écrivains », 60 p., 9 €.

Ce qui est triste, c’est de ne pas avoir fréquenté les soirées des « Légumes ». « Vous n’auriez jamais autant ri », assure Nikol Dziub, qui, elle, a eu la chance de bien connaître ce « petit groupe de supporteurs rigolos » du Dynamo Kiev, « les meilleurs commentateurs du monde », qui débarquaient au stade avec de la vodka et des cornichons salés « faits maison ».

C’était dans les années 2000. Elle avait 18 ans et, comme la plupart des Ukrainiens, était une fervente du club, l’un des plus grands, naguère, de l’Union soviétique, le premier à damer le pion aux équipes moscovites et à régner à leur place sur le football européen. Plus tard, ses supporteurs joueront un rôle important dans la révolution de Maïdan (2013-2014) – une certaine habitude de la bagarre se révèle parfois utile. Beaucoup, aujourd’hui, sont au front. Une cagnotte a été ouverte pour soutenir les familles des morts, baptisée « Tribune des héros ».

Loin de se contenter d’égrener ses souvenirs des années passées auprès des « Légumes » et des autres, avant de s’installer en France, l’universitaire et traductrice – d’auteurs ukrainiens aussi importants qu’Artem Chapeye, Artur Dron, Maksym Kryvtsov (1990-2024) ou Maria Matios – livre une évocation fine, très informée, des deux périodes, celle de la domination soviétique et celle de l’indépendance, transition comprise. Mieux encore, elle éclaire l’une par l’autre, et au passage aide à comprendre quelle réserve d’audace, d’énergie et de provocation le football peut représenter pour une société.

C’est particulièrement frappant dans les pages qu’elle consacre aux deux dernières décennies de l’URSS, celles qui virent le Dynamo Kiev triompher et, surtout, entraîner derrière lui des foules ukrainiennes de plus en plus remuantes. Certes, rappelle-t-elle, le régime encourageait le sport, instrument de contrôle des populations comme de promotion d’une supposée identité soviétique. Mais il y a loin des rêves de la nomenklatura à la réalité des stades. Ce qui s’affirmait autour des succès de l’équipe avait plutôt à voir avec l’identité ukrainienne, qui se réveillait avec une véhémence d’autant plus grande qu’elle ne pouvait le faire nulle part ailleurs.

Il vous reste 28.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Article précédent EN DIRECT, guerre en Ukraine : le Royaume-Uni dit avoir inte… Article suivant Genève se barricade avant le G7 d’Évian, la ville “cède-t-el…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !