A la conquête de Mars
A la conquête de Mars
Épisode 1/6
Épisode 2/6
Épisode 3/6
Épisode 4/6
A la conquête de Mars
L’épisode 6 sera disponible prochainement.
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A la conquête de Mars
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Avec Mars, le fantasme d’une planète B terraformée et colonisée
Par Pierre BarthélémyRécit« A la conquête de Mars » (5/6). Malgré les ambitions professées par certains magnats de la tech, comme Elon Musk, la conquête d’une Planète rouge rendue habitable par et pour l’humanité est encore lointaine. Elle n’en fait pas moins rêver.
« L’Arès avait été mis sur orbite autour de la Terre à 28 000 kilomètres à l’heure. Durant plusieurs minutes, ils passèrent en phase d’accélération. La poussée des fusées était tellement puissante que leur vision devint floue sous l’effet de l’aplatissement de la cornée et qu’ils eurent de la difficulté à respirer. Quand ils atteignirent 40 000 kilomètres à l’heure, la combustion fut coupée. Ils étaient libérés de l’attraction terrestre (…). On était le 21 décembre 2026 et ils se déplaçaient plus vite que n’importe qui auparavant. Ils étaient en route vers Mars. » Dans Mars la rouge, l’auteur américain de science-fiction Kim Stanley Robinson imagine la première phase d’une colonisation de Mars par un contingent international de 100 astronautes qui ont pris place dans un vaisseau géant, l’Arès. Ce premier tome d’une imposante trilogie martienne devenue culte paraît aux Etats-Unis en 1992 et deux ans plus tard en France (Presses de la cité). A l’époque, l’horizon de 2026 où « KSR » place le début de son épopée semble si lointain…
Le roman de Robinson est publié la même année que Mars, de Ben Bova (1932-2020) – qui, lui, décrit une mission martienne en 2020, mais seulement pour une exploration –, et cela marque le début d’une résurrection, dans la science-fiction, pour la Planète rouge. Celle-ci a pâti de la grande découverte faite par les sondes spatiales au cours des décennies 1960 et 1970, à savoir que Mars est un astre sans eau liquide, sans chaleur, sans vie et donc sans les Martiens, si longtemps fantasmés. La mission américaine Viking, en 1976, qui n’a détecté aucune trace biologique dans le sol, « a été le dernier clou du cercueil, constate Laurent Genefort, écrivain de science-fiction et auteur d’une thèse sur ce genre littéraire. Dans la “SF”, il s’est ensuivi une grande dépression, avec quasiment plus aucun récit martien pendant dix ans ».
Rien de plus normal pour Roland Lehoucq, à la fois astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives et président de l’association du festival international de science-fiction de Nantes, les Utopiales : « La science-fiction suit les découvertes scientifiques, car elle veut avoir un effet de réel, sinon les gens n’y croient plus. » Les sondes ont tué l’hypothèse d’une civilisation martienne ? Pas si grave : la science-fiction va réinventer la planète en en faisant, poursuit Roland Lehoucq, « un cadre d’exploration et de colonisation. Les Terriens y vont parce que c’est vide, c’est Terra nullius », un territoire qui n’appartient à personne.
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