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Deux goulots d’étranglement stratégiques : le détroit d’Ormuz (44 km) et Bab el-Mandeb, la Porte des larmes (39 km). Ensemble, 25 % des échanges maritimes mondiaux. S’ils sont bloqués simultanément, désastre économique annoncé.
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Les Houthis assemblent une coalition inédite autour de Bab el-Mandeb : pirates somaliens, Al-Shabab, AQAP, État islamique de Somalie. Des sunnites fanatiques alliés à des chiites arabes — l’ennemi de mon ennemi est mon allié, qu’il soit « takfiri » ou « rafida ».
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Pas besoin d’un blocus hermétique : deux ou trois navires de plus capturés ou coulés, et les compagnies d’assurances cesseront de couvrir le risque mer Rouge. La tenaille se referme sur 25 % du commerce mondial, sous l’œil intéressé des navires-espions chinois en rade d’Assab.
Deux stratégiques goulots d’étranglement : les détroits d’Ormuz (44 km) et Bab el-Mandeb, la Porte des larmes (39 km). Ensemble, 25 % des échanges maritimes mondiaux ; s’ils sont bloqués en même temps, désastre économique annoncé. Or, la guerre Iran-États-Unis-Israël renforce le risque d’un blocus mer Rouge-canal de Suez.
Ébranlé par la résistance farouche d’un régime iranien dont son ami Netanyahou lui avait garanti la chute, façon fruit mûr, au premier choc violent, le président Trump alterne à présent la carotte (négociations) et la trique : « anéantir » l’Iran, rien que ça. Mais les chefs de l’Iran islamique gardent leur calme, car ils connaissent leur ennemi. Cas fréquent dans les hautes sphères à Téhéran : début 2026, vivait encore aux États-Unis une partie de la famille du général Qassem Soleimani, chef notoire des Gardiens de la révolution (tué par un drone américain près de Bagdad en janvier 2020). À l’inverse, combien de généraux américains ont-ils des proches à Téhéran ? Connaissent-ils cette ville comme leur poche ? Aucun, sans doute.
Lucides sur l’écrasante supériorité du Pentagone, mais forts de leur savoir sur la psychologie et les réactions de Washington, les dirigeants iraniens jouent ainsi, longtemps à l’avance, sur tous les registres de la stratégie indirecte. Leur objectif numéro un : Bab el-Mandeb et le chantage d’une crise énergétique et économique, d’autant plus réalistes qu’ils ont sur place l’allié al-Ansar. D’usage appelés les Houthis, cette rugueuse armée de montagnards yéménites est elle aussi chiite (mais pas de la variante perse).
Une coalition diabolique autour du détroit
Selon des sources de terrain suivant de près ces Houthis, ils assemblent à présent une diabolique coalition à cheval du détroit de Bab el-Mandeb : les pirates somaliens d’abord ; plus une mosaïque de terroristes djihadistes opérant de la Corne de l’Afrique au golfe d’Aden, dans les provinces éclatées de l’ex-Somalie — Puntland, Somaliland, etc. :
— Al-Shabab (Harakat al-Shabab al-Moudjahidine, Mouvement de la jeunesse djihadiste combattante), entité salafiste affiliée à al-Qaïda, opérant en Somalie et alentour depuis vingt ans et plus ; — Al-Qaïda dans la Péninsule arabe (AQAP), active dans les zones grises du Yémen et jadis entraînée et équipée par les taliban du sud-Afghanistan ; — L’État islamique/province de Somalie (EIPS), scission des Shabab en Somalie du nord.
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