Bongeziwe Mabandla confie sa guérison en musique avec «Ndingubani»
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Direction l'Afrique du Sud, tout en douceur avec l'une des voix contemporaines les plus singulières du pays : le chanteur et musicien Bongeziwe Mabandla. Il dévoile son cinquième album intitulé Ndingubani, et se livre à cœur ouvert notamment sur ses doutes et sur sa récente dépression.
Bongeziwe Mabandla annonce la couleur dès le titre de l'album : Ndingubani en xhosa se traduit par « Qui suis-je ? » en français. Tout au long du disque de dix-huit titres et de quasiment une heure, Bongeziwe Mabandla tente de répondre à cette question fondamentale et abyssale.
Pour ce faire, il se plonge dans les expériences qui ont façonné sa vie. Sa naissance dans la région rurale de Tsolo, dans le Cap Oriental, son enfance avec une oreille vers les choeurs d'église et une autre vers les chansons bantoues, l'apprentissage de la guitare à 17 ans, l'école de théâtre à Johannesbourg, mais aussi le grand départ d'Afrique du Sud pour poursuivre ses rêves de musique.
Entre doutes et questionnements de légitimité
Dans le morceau « Zama », Bongeziwe Mabandla fait référence à la chanson « Why is it so hard », du chanteur américain Charles Bradley dans laquelle il évoque l'Amérique comme la terre promise et se demande pourquoi il est si difficile de réussir dans un système excluant. Bongeziwe Mabandla s'identifie à ce message, surtout en tant que personne noire, et même encore aujourd'hui, alors qu'il est reconnu à l'international.
Il raconte : « C’est difficile de vivre dans un monde où vous vous sentez toujours comme appartenant à la musique dite "alternative". Pourtant je ne changerais rien. J'aime ce que je fais, c'est la musique que j'aime écouter. Dans un monde rempli de beats et de danse, c'est bien aussi d'aller vers l'intérieur et de faire de la musique sur la condition humaine, sur notre manière de ressentir et de penser le monde. »
Influences Kofifi de Johannesbourg
Sur cet album, Bongeziwe Mabandla retrouve le producteur mozambicain Tiago Correira-Paulo, pour leur quatrième collaboration. Ensemble, ils mêlent folk, néo-soul et traditions africaines. La voix et la guitare de Bongeziwe Mabandla sont au centre, l'électronique de Tiago Correira-Paulo se déploie tout autour. Le chanteur raconte le morceau « Walila » : « Cette chanson est très drôle et très différente de mes autres chansons. En soi, le sujet est assez sombre, parce que j'ai écrit sur le karma et sur la trahison, sur l’idée que tout ce que l’on fait finit par nous revenir. Musicalement, c’est très sud-africain. Ça me rappelle un style appelé "kofifi", qui vient des années 80 dans certains quartiers de Johannesbourg. C'est amusant, très sud-africain, très xhosa. »
Bongeziwe Mabandla aborde des dizaines de thèmes différents dans ses chansons. Il évoque le besoin de justice, la recherche d'identité, la dépression imaginée comme une prison dont les portes peuvent se rouvrir, l'alcool comme poison, la quête de dignité, l'espoir et la guérison. Et après avoir puisé dans son cœur et son vécu, il nous confie le résultat : son album le plus personnel à ce jour.
Le chanteur et musicien sud-africain Bongeziwe Mabandla sera en concert le 1er juillet en Suisse, le 11 juillet à Johannesbourg et le 5 août en Espagne.
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